- ACADEMIE
DE NÎMES
-
- TONANCE
FERREOL
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- PAR LE
CHANOINE BOUISSON, 1936
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- M. le chanoine Bouisson a la parole pour sa lecture sur la jeunesse
studieuse de Tonance Ferréol
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- Il commence par quelques paroles de félicitations
aux nouveaux élus de l'Académie. Il dit, qu'après chacune des séances de réception,
l'Académie française consacre quelques instants aux travaux du Dictionnaire
ou de la grammaire. Notre Compagnie est vouée par les termes de sa fondation,
à s'occuper d'autres objets ; l'histoire locale et les monuments antiques.
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- L'ordre du jour porte
précisément une étude historique qui sera la réponse à cette question :
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- « Qu'était-ce au juste, que Tonance Ferréol ? »
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- C'est une tâche difficile que de raconter l'enfance et la
jeunesse studieuse de Tonance Ferréol. Les écrivains de son temps négligeaient
communément de nous conserver les détails biographiques. Seuls, les poètes
nous en fournissent un certain nombre. Nous en trouvons encore dans les
documents lapidaires, tels que les bornes les tables de marbre ou de bronze,
les inscriptions religieuses ou les épitaphes.
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- C'est grâce au poème de Sidoine
Apollinaire, intitulé :
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- «Panégyrique de Narbonne», que nous connaissons la
naissance de Tonance, dans cette ville, dans une maison que son illustration
devrait nous permettre tôt ou tard d'identifier, car ce fut la maison de
nombreux rois et fils de rois, de plusieurs empereurs byzantins et de la
célèbre Duodah, fille de Charlemagne.
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- Narbonne
possédait une école de grammairiens et de rhéteurs du plus grand renom. La
jeunesse gallo-romaine s'y exerçait à écrire et à parler le latin de la bonne
époque et le grec du siècle de Périclès. Elle puisait, dans ce milieu
distingué, une grande ouverture d'esprit et une connaissance parfaite des
hommes et des choses :
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- « Tonance Ferréol entreprend la création de ses
vastes propriétés territoriales. »
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- Nommé, en 450, préfet du Prétoire des
Gaules, Tonance se trouvait, à 35 ans, en possession d'un titre qui faisait
de lui presque l'égal des empereurs et, du moins, leur auxiliaire
indispensable, rôle qu'if devait conserver pendant 36 années, sous l'autorité
toujours affaiblie, parfois simplement nominale des dix derniers empereurs
d'Occident.
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- Valentinien
III, qui l'avait appelé à cette fonction, presque suprême, cessa de gouverner
l'empire en 454, un an avant sa mort.
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- La chance voulut que la pression des
Celtes, sujets de l'empire, fit monter sur le trône impérial le Gaulois
Avitus, beau-père de Sidoine Apollinaire et allié par conséquent à la famille
des Ferréol. L'aimable écrivain qu'était Sidoine, publia aussitôt le
panégyrique du nouvel empereur, signala l'enthousiasme avec lequel les
Beaucairois fêtèrent cette promotion d'un des leurs à l'empire.
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- Avitus, retrouvant à Arles l'ami de son
gendre, l'engagea à se marier et voulut lui servir d'intermédiaire pour
obtenir que Zénon l'Isaurien, alors Maître des milices de l'empire d'Orient,
lui accordât la main de sa fille, Papinianille. Le mariage fut célébré à Constantinople
et chacun l'efforça de dissimuler aux yeux de Tonance la tare de la famille
de son épouse. En ramenant Papinianille à Narbonne puis à Arles, Tonance
introduisait dans, la maison de son père une hérétique nestorienne. Plusieurs
faits de grande importance trouvent leur explication dans cette tromperie
voulue.
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- A dater de cette année, 454, Arles fut
la résidence habituelle du Préfet des Gaules et de sa famille. Tonance ne
crut pas devoir se transférer à Ravenne où les derniers empereurs s'étaient
retirés.
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- Il songeait depuis longtemps à se créer
un domaine qui pût lui fournir un séjour agréable pendant les mois d'été et
dans le cas où il aurait besoin de prendre quelque repos. Il dédaigna
d'acquérir quelque villa dans le littoral du Golfe du Lion que les
propriétaires, s'empressaient de vendre afin d'aller s'établir aux environs
de Ravenne. Il estimait qu'on ne peut vivre heureux et à l'aise que dans une
propriété assez vaste pour contenir des plaines de grande culture, des
vallées ombreuses, des prairies au flanc des montagnes, des pacages naturels
et des forêts se prolongeant indéfiniment dans la grande montagne.
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- Tout compte fait, Tonance décida de
fonder son premier latifundium au pied de la Cévenne Arécomique, sur la rive
gauche du Gardon, en amont de la station d'Alestum où une garde d'esclaves
veillait à l'entrée des chars publics dans la forêt Regordane.
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Le Chanoine Bouisson
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