L'École de Nîmes
de Charles Gide
 
 
Charles Gide, né à Uzès (Gard) le 29 juin 1847 et décédé à Paris en 1932, est dirigeant historique du mouvement coopératif français, théoricien de l'économie sociale, président du mouvement du christianisme social, fondateur de l’École de Nîmes. Il était aussi oncle de l'écrivain André Gide.
 
Charles Gide et l'École de Nîmes
 
Charles Gide est à Nîmes en 1885, auprès d’Auguste Fabre (né à Uzès en 1839, décédé en 1922, co-fondateur de l’École de Nîmes, fils d’un pasteur fouriériste, ouvrier mécanicien à Nîmes, il est allé assister Godin au familistère de Guise) qu’il connaissait depuis Uzès et qui lui fait découvrir la pensée de Fourier. Il fréquente l’« Abeille » d’Édouard de Boyve (puissante coopérative qui absorbe diverses coopératives comme la « Solidarité » et la « Renaissance ») et d’autres associations nîmoises dont celle du pasteur Charles Babut « l’Association des jeunes amis de la Paix » devenue « la Paix par le droit ». Dès lors, il est convaincu de l’importance de la coopération. Membre dès les débuts de l’Association protestante pour l’étude pratique des questions sociales, il en sera le vice-président et il interviendra fréquemment dans les congrès annuels. Il met alors en pratique ses théories et théorise sa pratique.
 
En 1886, Charles Gide rejoint le mouvement coopératif qui se réorganise en France. Il va lui donner une doctrine -celle de l'École de Nîmes-, rapidement condamnée par des libéraux qui y voient une dangereuse dérive socialiste et considérée avec méfiance par les socialistes qui la jugent trop "bourgeoise". Doctrine qu'il expose au 2e congrès coopératif de Lyon.
 
Pour Charles Gide, le principal fondateur de cette École est Édouard de Boyve (1840-1923). L’ouvrier typographe Claude Gignoux (1870-1931), imprimera pendant cinquante ans le journal l’Émancipation, considéré comme l’organe de l’École de Nîmes. Charles Gide y écrira 840 articles de 1886, Ni révoltés, ni satisfaits, à 1931, Une visite à Gandhi. Il y manifeste avec constance l'effort de tout un courant de pensée pour dégager, entre libéralisme débridé et toute-puissance de l'État, une voie qui permette à la société de se développer dans un sens à la fois efficace économiquement, moral et respectueux de la liberté individuelle : la solidarité en est le principe, la coopération et l'association en sont les moyens.
 
                                                       Extrait de wikipédia.
 
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CHARLES GIDE
L'ECOLE DE NIMES

 
Le texte de l'École de Nîmes est la reproduc­tion d'un cours professé au Collège de France de décembre 1925 à avril 1926. La présente édition reprend, sans changement, la version de l'édition originale. Il appartiendra au lecteur de se rappeler, à la lecture de certains passages, que plus de vingt ans se sont écoulés depuis qu'ils ont été écrits
 
AVANT-PROPOS
 
L'histoire de l'École de Nîmes c'est aussi, en grande partie, celte de la Coopération française puisque depuis quarante ans leurs destinées se sont de plus en plus confondues et qu'après bien des luttes, finalement, le programme de Nîmes est devenu à peu près celui de la Fédération Nationale.
 
Je dois dire que cette double histoire a déjà été faite, et avec beaucoup plus de détails que je ne pouvais en donner dans un cours, par M. Gaumont, dans sa monumentale histoire de la Coopé­ration Française. Il ne faut voir ici qu'une sorte ,de croquis fait d'après nature, mais, tel quel, il peut avoir quelque intérêt à titre de document. Ayant été moi-même spectateur ou acteur dans tous les événements qui se déroulent dans les cha­pitres de ce livre, ayant eu pour amis ou pour adversaires la plupart de ceux qui y figurent, j'aurais pu lui donner pour titre « Mémoires d'un vieux coopérateur ». Je crois pouvoir assurer qu'à défaut d'autres mérites ils ont du moins ceux de la sincérité et de la sérénité.
 
CHARLES GIDE.
 
 
 
> Texte intégral de l'École de Nîmes en PDF de l'édition du centenaire,
édité par les PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE - 108, Boulevard SAINT-GERMAIN, PARIS - 1947