LE Christianisme à Nîmes

 

 

LE MARTYRE DE ST BAUDILE A NÎMES

 

 

Un dessin de la Crypte St Baudile réalisé par notre ami Rol. Rapin. Homme de talent avec de multiples facettes, il est prêt à vous faire partager ses passions sur son site internet.

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Le culte de St Bausile (St Baudile), effacé à demi par le temps, par nos discordes civiles et religieuses, n'a jamais été entièrement interrompu :

Le premier dimanche de l'octave qui suit la fête de l'Avent, les fidèles de la paroisse se rendent aux Trois Fontaines pour y puiser de l'eau et adresser à Dieu des prières, afin de se préparer à la fête de Noël.

 

Au moment où je trace ces lignes (1864), la foule se porte aux Trois Fontaines. On a dressé, sous la modeste voûte qui couvre les eaux, un autel provisoire et l'on se dispose à y élever une chapelle. 

 

Auguste Pelet, 1864

 

INTEGRALE DU TEXTE D'AUGUSTE PELET DE 1864.

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 Les souvenirs que nous avons recueillis à travers les siècles, les lieux qu'il arrosa de son sang et qui gardèrent sa tombe. Suivons cette avenue spacieuse, aux pentes adoucies, qui conduit à l'oratoire des Trois-Fontaines.

 Nous remarquons sur la droite quelques vestiges de l'ancien rempart romain qui couronnait ces collines et allait se rattacher à la Tourmagne. Il était debout , quand St Baudile vint attaquer le culte des idoles. Une dépression du sol indique le lieu qui fut témoin du martyre du Saint. Ces collines, envahies par la culture de la vigne, étaient autrefois couvertes d'un bois de chênes.

 

Ce site, dominé par les hauteurs voisines, était propice pour les sacrifices du paganisme. Représentons-nous la foule, groupée sur les flancs de la colline et le long des murailles , contemplant d'un regard avide cette fête païenne. L'autel s'élevait au centre de ce cirque formé par la nature. C'est là que les prêtres des idoles conduisaient les victimes qu'ils allaient immoler. C'était la fête des Agonales, célébrée en l'honneur de Vejovis, ou Jupiter enfant, le 12 des calendes de juin 21 mai.

 

 

On voit tout à coup apparaître un étranger qui, d'une voix indignée, reproche à la foule assemblée sa superstition et veut renverser l'idole â laquelle on destine ce sacrifice. On comprend le frémissement, de la multitude païenne en entendant cet étrange langage.

 

 

Elle répond par un cri de mort à cette insulte faite à ses dieux, et à la place des victimes préparées, c'est la tête du saint martyr qui tombe sous la hache des sacrificateurs. D'après une tradition populaire, elle rebondit trois fois sur le sol, et chacun de ses bonds fit jaillir une source. Cette circonstance miraculeuse ne doit pas trop nous surprendre. Nous en retrouvons de semblables dans l'histoire des martyrs. Dieu se plait ainsi quelquefois à glorifier le sacrifice de ceux qui donnent généreusement leur vie pour lui, et il communique à leur sang une vertu merveilleuse pour toucher les coeurs des infidèles.

 

Abbé Azaïs, 1872

 

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Les débuts du Christianisme à Nîmes

par Jules Igolin, membre de l’Académie de Nîmes

1938

 

Nîmes, ville de tradition antique et ville profondément religieuse, se montra longtemps réfractaire à la religion nouvelle du Christianisme. Alors qu'on a trouvé dans notre ville de nombreuses inscriptions dédiées aux divinités locales, latines ou grecques, il faut arriver au IVe siècle pour y découvrir des monuments attestant qu'il y ait eu des chrétiens. Ce retard dans la propagation du christianisme, on peut se l'expliquer en songeant que Nîmes, ville riche, cité romaine où la vie était facile, les moeurs indulgentes, devait n'accepter que difficilement une religion nouvelle « prêchant le sacrifice et béatifiant la souffrance.

 

St Saturnin, envoyé par le pape St Fabien, fut, dit-on, le premier missionnaire du Christ connu à Nîmes, vers l'an 245 ; il y convertit un jeune homme, Honneste, qu'il emmena ensuite avec lui pour évangéliser la Navarre.

 

Vers la fin du IIIe siècle, St Baudile apparut à Nîmes, et la légende veut que se trouvant dans un bois, aux portes de la ville, et refusant de sacrifier aux dieux, il y ait été martyrisé. Son corps, recueilli par sa femme, aurait été transporté en un lieu appelé « la Valsainte », où déjà se trouvait une colonie de chrétiens, et y aurait été enseveli. Son souvenir et ses reliques furent dès lors de puissants moyens pour répandre la religion nouvelle, la Valsainte devint un lieu de pèlerinage, dès le IVe siècle, on y construisit une église, et, en 511, un monastère qui fut un des plus importants de la région et survécut jusqu'au XVIIe siècle.

 

A la suite des fouilles faites en 1909 sur l'ancien emplacement du monastère de St Baudile, M. Mazauric a écrit dans ses « Recherches et Acquisitions » :

 

« La découverte de monuments en ce lieu, dans nos tombes en brique, a son importance capitale pour l'Histoire de St Baudile, car elle permet de fixer d'une façon certaine l'âge de notre vieille nécropole chrétienne, en même temps qu'elle nous donne aussi une date approximative aux nombreux objets trouvés à côté.

On peut affirmer que dès le début du IVe siècle, probablement après la fameuse Paix de l'Eglise sous Constantin, en 313, on commençait à enterrer autour du tombeau du saint ; cette pratique interrompue par les invasions des Barbares, fut reprise plus tard, vers l'époque de Charlemagne… »

 

La crypte de St Baudile, à l'extrémité de la rue des Moulins et de la rue des Trois Fontaines, marquerait le lieu où le saint fut martyrisé. C'est dans cette crypte, malheureusement humide, qu'on a déposé le premier monument matériel du christianisme à Nîmes, un sarcophage en marbre blanc sculpté du IVe siècle, trouvé on ne sait où, disparu ensuite, puis retrouvé par l'abbé de Cabrières, le futur cardinal, dans une maison de la route de Sauve, où il servait d'auge.

 

La tradition veut que St Félix ait été le premier évêque connu de Nîmes, vers la fin du IVe siècle, et qu'il y ait été martyrisé en 407.

 

Ce qui est certain, c'est qu'au cours du IVe siècle, Nîmes fut dotée d'un siège épiscopal, puisqu'un concile s'y réunit le 1er octobre 396. Le choix de notre ville pour pareille assemblée, montre évidemment qu'il y avait alors une église déjà fondée et tout à fait affermie.

 

Jules Igolin, 1938

 

Préface de l'évêque de Nîmes du livre

> LE MARTYRE DE ST BAUDILE

écrit par Benoît Mathon en 1837, Chanoine de St Baudile et oncle de l'arrière grand-père de l'auteur du site.

 

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