Les cahiers d'histoire
NÎMES AU XIXe SIECLE
Texte et documents de Georges Mathon
 
 
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                                                   Préface de Philippe RITTER
 
Le dimanche 8 Janvier 2006, Marc CAILLAUD journaliste Midi Libre présente ainsi le premier de toute une série d’articles qui vont passionner les lecteurs pendant deux années :
 « A partir d’aujourd’hui, chaque dimanche, chronologie illustrée des principaux faits et évènements qui ont jalonné le XIXème siècle à Nîmes »
 Au travers de différents articles de presse, mêmes hebdomadaires, on ne peut imaginer le travail réalisé en amont.
Aujourd’hui, Georges MATHON se propose, pour nous, d’éplucher le journal des délibérations du Conseil Municipal depuis 1792, jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, afin de nous présenter : « NÎMES AU XIXème ».
Grâce à son travail, il met en évidence l’image réelle de notre ville à cette époque, telle qu’aucun historien n’a tenté de la reproduire. Même Adolphe PIEYRE n’utilisait ces sources que pour ses seules démonstrations ; jamais il ne les a approfondies, comparées ou analysées, avec autant de rigueur, d’ordre et de méthode. Par ses recherches, G.M nous démontre que l’on peut encore tirer la « substantifique mœlle » de documents que l’on croyait épuisés.
C’est certainement sur ce détail que « nemausensis.com » nous prouve sa maturité. Car derrière Georges, il y a une équipe de passionnés, amoureux de Nîmes, et marqués par cette période, somme toute, proche de nous et de nos anciens, et qui par chance, nous apporte encore quelques trésors iconographiques inédits.
         Merci nemausensis !
            Merci Georges !
 
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Liste des derniers premiers Consuls et Maires électifs de Nîmes sous l’ancien régime :
Lagarde, avocat, en 1775
De Meretz, noble, en 1779
Martin, avocat, en 1783.
Le baron de Marguerittes en 1788
 
Article 1er de la loi de décembre 1789 : « Les municipalités actuellement existantes en chaque ville, bourg, paroisse, communauté, sous le titre d’hôtels-de ville, mairies, échevinats, consulats, et généralement sous quelque titre et qualification que se soit, sont supprimées et abolies. »
 
Le baron de Marguerittes dernier Maire et 1 er Consul sous l’ancien régime sera le premier maire sous la révolution.
 
Voici la liste des premiers Maires de Nîmes concernant la période révolutionnaire précédant le XIXe siècle.
Jean-Antoine Teissier, baron de Marguerittes 3 février 1790
Murjas, Duroure , Ferrand de Missols, Perrin, présidents juillet 1790 de l'administration municipale
Jean-Scipion Lagarde 2 avril 1791
Etienne-David Meynier de Salinelles 6 janvier 1793
Joseph-Antoine Courbis 7 septembre 1793
Léon Teissier, faisant fonction de maire 15 septembre 1794
Montaud, faisant fonction de maire 24 octobre 1794
Pépin, faisant fonction de maire 21 novembre 1794
Archinard, faisant fonction de maire 19 février 1795
Alison 23 mars 1795
Vincent Valz, premier officier municipal 27 mai 1795
Vincent Valz 14 mai 1795
Antoine Allut, président de l'administration municipale 3 mai 1796
Paris, président de l'administration municipale 2 mars 1798
Aurivel, président de l'administration municipale 1799
Blachier, président de l'administration municipale 9 janvier 1800
Dominique-Casimir Fornier de Valaurie, maire de Nîmes du 8 mars 1800 à septembre 1811.
  
En 1800, le 3 février, (14 pluviôse an VIII), inauguration du grand théâtre, face à la Maison Carrée, il remplaçait le théâtre des casernes détruit par un incendie en décembre 1797. Cet édifice fut réalisé à partir de 1799 par l'architecte Meunier, et financé par une société d'actionnaires. A cette époque la façade n'était pas achevée et le monument resta longtemps dans cet état, puisque ce ne fut qu'en 1821 que la colonnade fut bâtie. C'est seulement à ce moment que la ville en devint propriétaire. Par la suite, ce grand Théâtre sera lui aussi définitivement détruit par un incendie criminel en 1952.
De cet incendie il ne restera que la façade avec ses colonnes. Après 33 années de réflexions, de projets remis de commissions en commissions. Immobilisme incompréhensible pour les partisans de la reconstruction du théâtre, tout comme la décision très controversée prise en 1985, de l'enlèvement des colonnes.
Le démontage et le numérotage se firent avec une précision méticuleuse, pas moins de 1500 pièces seront répertoriées, et un beau mois de l'année 1990 cet énorme puzzle sera réassemblé sur l'aire de repos de la nouvelle autoroute Nîmes-Arles. Ces travaux seront effectués sous la direction de Jean-Pierre Dufoix, Architecte en Chef des Monuments de France.
 
- Le 17 février 1800, (28 pluviôse An VIII) le Consulat adoptât une loi qui instituât des préfectures dans tous les départements.
L'administration préfectorale du Gard s'installât dans l'ancien couvent des Augustins attenant à la Maison Carrée, il servait alors de dépôt pour les archives. Par la suite, en 1807, elle sera installée au palais épiscopal (actuel Musée du Vieux Nîmes). En 1822, à l'hôtel Rivet (10 Grand Rue) et pour finir avenue Feuchères. La première pierre de l'hôtel de la préfecture ayant été posée en 1855.
Le premier préfet du Gard sera Jean-Baptiste Dubois (1800-1804), le second sera M. d'Alphonse (1804-1810), le troisième sera, M. Rolland de Villarceau (1810-1815).  
 
 
Les arènes avec leurs échoppes - Carte postale ancienne - collection privée
 
- Début du déblaiement de l'intérieur des Arènes, qui abritaient de dix-huit cents à deux mille habitants au moyen age. Avec les pierres retirées du monument, on construisit la plupart des maisons de la rue St Rémy et la rue de la République, dont les habitants furent appelés les « Arèniers » ou encore « les habitants des basses Arènes ».
Cette appellation n'a rien à voir avec le chemin des "Arèniers", nom donné à ce quartier au XIIe siècle.
 
- Le 29 floréal de l’an 8, (19 mai 1800) les propriétaires des arceaux situés sur le pourtour inférieur des arènes doivent aligner leur propriété, conformément aux plans fournit par le Directeur des Travaux Public.
Liste des propriétaires concernes : Blanc, Valentin, Crouzet, Prunet, Cabrières, Gênât, Rat.
 
- Dans sa réunion du 21 messidor de l’an 8 (10 juillet 1800) le Conseil décide d’organiser la Fête du 14 juillet et de la Concorde.
 Des spectacles gratuits seront organisés, des salves d’artillerie seront tirées. Une prise d’arme aura lieu avec la garnison et la Garde Nationale.
Ce jour là, fermeture obligatoire, des boutiques, des magasins et ateliers, sauf les commerces de vente ordinaire de comestibles et pharmacie.
 
- Le 12 thermidor de l’an 8, (31 juillet 1800) décision de construire en pierre une baraque destinée au poste d’octroi du quartier de La Planète.(1)
Les pierres qui se trouvent dans les fossés ci-devant la Citadelle seront utilisées pour sa construction. Le bureau sera situé sur l’ancien chemin qui conduit de la route de Nîmes à la route d’Alès.
Dans les motivations de cette décision il est précisé que les charretiers connaissant ce chemin libre d’octroi, faisaient un détour pour éviter de payer des taxes sur les marchandises qu’ils devaient livrer à Nîmes. Ces octrois venaient en remplacement des péages qui le siècle précédant étaient situés aux diverses portes des remparts de la ville.
La démolition de ces remparts ayant été retardée uniquement pour cette raison économique, car depuis fort longtemps les fortifications ne servaient plus à protéger la ville des envahisseurs.
De plus cette enceinte ne couvrant pas les faubourgs, des hostelleries et commerces s’étaient installés dans la périphérie, véritable zone franche avant l’heure car impossible à taxer.
 
(1) Ce nom de lieu-dit ne sera orthographié de façon officielle qu'en 1832 lors de l'établissement du cadastre de Nîmes. Il s'écrira alors La Planette, auparavant on le retrouve sous ces divers noms : planet, planéta, la planète, laplanette, la planette...
 
 
Quartier de l'Abattoir en 1930 - Plan réalisation GM - Agrandir sur l'original
 
En 1801, suite au règlement de police du 24 janvier, (4 pluviôse an IX) relatif à la salubrité de la ville, un arrêté enjoint aux bouchers et autres personnels commerçant de la viande de boucherie d’égorger leurs bestiaux aux égorgeoirs publics.
En outre, il est fait obligation à tous, que la viande vendue en ville provienne de bestiaux tués à l'égorgeoir public.
Cet égorgeoir (abattoir) de Nîmes construit en 1757 sur la rive gauche du Cadereau, au niveau de l’actuelle rue de Verdun fonctionnera jusqu’au début des année 1960, suite à son déménagement au marché gare.
Les circonstances de sa fermeture, fin d’année 2005, seront expliquées largement dans les rubriques locales de la presse.
 
- Le 21 août, (3 fructidor an IX) arrêté du Conseil municipal sur les circulations des troupeaux parqués à Nîmes et qui se rendent en pâturage au-delà des limites de l’octroi.
Ces derniers devront obligatoirement sortir et rentrer de la ville en passant par le même octroi, ceci pour contrôler plus précisément le nombre de bête et éviter ainsi la fraude.
 
- Le 30 août, (19 fructidor an IX) délibération du Conseil Municipal qui conformément aux dispositions de l’arrêté du 7 novembre 1800 (18 brumaire an IX) met en place le système métrique à nîmes.
Avec l’adoption  d’un nouveau poids et d’une mesure uniforme l’usage du mètre sera substitué à celui de l’aune ou de la canne et autre mesures.
En conséquence la mesure des étoffes sera faite par mètre, au dixième et au centième de mètre, les marchands devront se procurer un mètre gradué.
Les terrains ne seront plus mesurés avec les anciennes mesures locales, mais avec la chaîne de 10 mètres, nommée décamètre ou perche. On pourra aussi suivant les circonstances employer l’hectare ou l’arpent dont la grandeur est de 10000 mètres carrés.
Semblablement tous les grains, graines, grenailles, fruits, légumes et toutes les matières sèches qui se vendent à la mesure dite à Boissellerie et connues sous le nom d’Emines Boisseaux ne pourront plus être mesurés qu’avec les mesures de capacité appelées kilolitre ou muie, hectolitre ou setier, décalitre ou boisseau, litre ou pinte.
Les liquides auront aussi ces mêmes mesures.
 
- Demande des habitants de Courbessac du 9 septembre 1801 (22 fructidor an IX) qui se proposent de célébrer par des jeux publics le 13 courant la fête ou vote de leur village.
Considérant que de pareilles fêtes sont presque toujours la cause de rixes qui ont des suites malheureuses, et que le premier moyen de conserver la liberté est d’assurer la tranquillité publique, la municipalité de Nîmes interdit cette fête.
 
- Le 19 septembre 1801, (second jour complémentaire an IX) la demande de construction d’une halle à la place aux herbes est rejetée, cette demande avait été déposée le 13 octobre 1800 (21 vendémiaire an IX) avec celle de la place du chapitre. Cette dernière sera réalisée et constituera avec la poissonnerie (situé à l’emplacement actuel de l’école Berlioz) et la place Belle croix le ventre Nîmes jusqu’en 1884 date de la mise en service des halles centrales.
C'est sur cet emplacement que se déroulait l’important marché du mardi qui voyait arriver les maraîchers du Vaucluse. Mistral décrira fort bien cette ambiance dans son livre, Mémoires et Récits (Memori e Raconte) Comment je passai Bachelier.(à Nîmes).
 
- Le 23 septembre 1801 (1er vendémiaire de l’an X), l'anniversaire de la fondation de la première République, "  établissement de la République le 21 septembre 1792 " (*) fut célébrée à Nîmes avec pompe et simplicité. La veille à six du soir une salve d’artillerie annonça les festivités du lendemain. Le jour même des salves furent répétées toutes les heures. Dans la maison commune une estrade décorée de verdures reçut des personnalités, un orchestre ainsi que des chœurs exécutèrent l’ouverture d’Iphigénie de Gluck. A la tombée de la nuit des habitations furent illuminées. On regretta l’étroitesse du lieu qui ne permit pas d’accueillir tous ceux qui voulurent assister à cette cérémonie.
 
(*) A l'ancien calendrier grégorien on substitua le calendrier républicain. Chaque mois comprenait 30 jours divisés en 3 groupes de 10 jours ou décades. Les noms des mois, composés  par Fabre d'Eglantine (1), étaient, à commencer du 21 septembre : vendémiaire (vendanges), brumaire (brumes), frimaire (frimas), nivôse (neige), pluviôse (pluie), ventôse (vent), germinal (germination) floréal (fleurs), prairial (prairie), messidor (moisson), thermidor (chaleur), fructidor (fruits). Mais leur signification n'était vraie que pour le climat de la France. L'année était terminée par 5 jours complémentaires, 6 dans les années bissextiles.
C’est en 1806 que Napoléon, cédant au vœu général des français, rétablit le calendrier Grégorien.
(1) Fabre d'Eglantine est connu des nîmois, il a été le directeur de l'ancien Théâtre des Arènes pour la saison 1785-1786.
 
- Conseil Municipal du 27 novembre 1801 (6 frimaire de l’an X), les spectacles du théâtre étant constamment  interrompus par des individus bruyants, cela empêche le public de profiter pleinement de la représentation.
De pareilles indécences ne pouvant être tolérées, une note relative à la police des spectacles sera lue au début de la séance du soir. Il est ordonné aux commissaires de police présents de dresser un procès-verbal à tous les contrevenants.
 
- Décision du 29 novembre 1801 (8 frimaire an 10), fermeture des portes et fenêtres des maisons et des échoppes communiquant avec la galerie des Arènes.
Il est défendu au portier ou au concierge de l’amphithéâtre de permettre l’entrée dans ces galeries à aucun enfant.
 
- Même date, le projet de restauration de l’aqueduc du pont du Gard par Alexandre Delon est soutenu par la municipalité auprès du gouvernement. La commune de Nîmes ne pouvant qu’y gagner sous le rapport du commerce et de l’agriculture.
Par la suite ce projet de remise en service de l’adduction d’eau romaine de la source de l’Eure (à Uzès) à Nîmes reviendra sur le tapis, sous différentes formes, mais il n’aboutira jamais.
 
 
Quartier des Arènes au XVIIIe Siècle, d'après un plan de Igolin - Agrandir sur l'original
 
En 1802, le 4 mars, (13 ventôse an X), démolition de l'ancien bâtiment du jeu de paume appartenant au sieur Jean Louis Jérome Demissol, cet immeuble était situé, à côté d'un l'ancien  théâtre, sur l'emplacement actuel de la place des Arènes.
 
- Une délibération du Conseil Municipal du 11 janvier 1802, (21 nivôse de l’an X) constatant qu’une maison située à l’intérieur des arènes et appartenant à M. Decany, ayant subit un grave incendie menace d’écraser les maisons voisines. Le propriétaire sera tenu de faire démolir ses ruines jusqu’au fondement.
Malgré la décision prise en 1800, de démolir les maisons situées à l’intérieur des Arènes il semblerait que de nombreuses constructions particulières existaient encore en 1802.
 
- Le 13 février 1802, (14 pluviôse an 10) décision municipale de fermer les maisons de jeux.
« Les cafetiers Martinet, Pical, Bolze et Jean Louis Dumas doivent fermer leurs établissements. »
 
- Le 21 août 1802 (3 fructidor an X) décision du maire de Nîmes au sujet des filles publiques notoirement connues.
" Ces dernières en se déplaçant aux premières loges de la comédie ainsi que dans les corridors de façon indécente offusquent les honnêtes gens qui désirent assister aux spectacles. Il importe de rétablir l’ordre en chassant de ces lieux ces femmes éhontées qui provoquent le scandale par leur présence."
 
 
Le marché de la place Belle-Croix - Photo ancienne, collection privée.
 
En 1803, le 6 avril (16 germinal an XI), réglementation des foires et marchés à Nîmes.
L’étal la vente ou le dépôt des denrées marchandises en vente dans les places et autres lieux publics ne pourront avoir lieu qu’aux emplacements ci après désignés :
La place aux herbes ; la place dite de la belle croix ; la place et la halle du marché ; la place de l’ancien chapitre ; la place de l’allée (St Charles).
Ainsi que les places hors les anciennes portes de ville dites St Antoine, de la Magdelaine, des Carmes, de la Bouquerie.
La place de l’ancien chapitre est affectée aux denrées apportées et vendues par des étrangers, il leur est expressément interdit de les exposer ailleurs.
La vente des oignons et ails continuera soit à l’allée (St Charles) soit à la porte St Antoine.
Les herboristes, les vendeurs d’œufs, d’allumettes et autres petits objets de cette nature seront tenus de se placer à la place du chapitre.
Les marchands de gros et de détails tenant boutique ne pourront étaler leurs denrées au-delà d’un demi mètre dans la rue et ils ne pourront pas céder leur emplacement.
Il sera désigné sur les places du marché et de l’allée (St Charles) des emplacements pour la vente des châtaignes apportées à Nîmes par des étrangers, ceux-ci seront exempts de droit les jours des marchés.
Le passage de la poissonnerie (emplacement actuel de l’école Berlioz) situé entre la place du chapitre et la place Belle Croix est soumis à un régime différent.
Un bail à ferme des 20 étaux est passé globalement avec un fermier qui se charge de gérer et d’encaisser les locations individuelles. Nous retrouvons dans la délibération du 1 mai 1810, une prorogation de bail au Sieur Claude Mouret pour une durée d’une année au prix de 4000 frs l’an, le précédent bail ayant été signé le 20 avril 1807. 
 
- Le 15 avril 1803, (25 germinal an XI) renouvellement du bail à la ferme des boues et immondices de la ville.
Les offres de surenchères seront recueillies dans la salle de séance de la mairie à 10h du matin, le bail sera consenti pour une durée de 3 ans. L’adjudicataire entrera en jouissance le 4 juillet 1803 (15 messidor an XI).
L’adjudicataire achète le droit de ramasser les ordures domestiques et fumier dans la ville, en respectant un cahier de charges. Ces boues et immondices étant revendues par l’adjudicataire comme fumier agricole.
« Contrairement à nos poubelles modernes composées de matières aux origines les plus diverses, ces déchets étaient entièrement biodégradable, aucun tri, recyclage, stockage ou destruction ne rentrant dans le coût de cette filière, son ramassage ainsi que sa revente devenaient une source de revenus et non pas une charge. »
 
- Le 19 avril 1803, (29 germinal de l’an XI) les bouchers vendent journellement de la chèvre pour du mouton, la municipalité se doit dans l’avenir d’empêcher que des citoyens soient trompés, elle confirme que toute espèce de tuerie est prohibés dans l’intérieur de la ville
Sous prétexte que les chèvres ne sont pas assujetties aux droits d’octroie, les bouchers se permettent de les faire rentrer pour les égorger dans la ville. Considérant que la salubrité de la ville exige la répression de cette pratique, à compter de cette déclaration les bouchers et tout autres personnes ne pourront faire égorger des chèvres et chevreaux ailleurs qu’aux égorgeoirs publics.
 
 
Course à la corde à Clarensac, début années 50 - Collection André Gras.
 
En 1804, le 8 juillet (19 messidor an XII), à Nîmes, des nîmois rassemblés devant l'abattoir refusent d'obéir aux ordres des commissaires de police et de se disperser, on bouscula quelques malheureux gendarmes, les portes furent enfoncées, des boeufs de Camargue furent enlevés de force aux bouchers, et la course « à la bourgine » se déroula par les rites avec ses péripéties habituelles.
La bourgine était pratiquée depuis fort longtemps dans Nîmes et sa région. On aimait beaucoup la course à la corde ou à la bourgine. Toutes les fois qu'on amenait aux abattoirs un taureau de Camargue, voire un boeuf paisible, la foule se saisissait de l'animal et lui faisait parcourir au galop rues et places de la ville, tandis qu'une corde le maintenait et permettait de l'arrêter s'il devenait dangereux, d'où course folle, sauts, bousculades, scènes comiques et joie générale, les coups de corne, les chutes et les étalages renversés constituant le revers de la médaille.
L'autorité s'émut, et le préfet, par deux arrêtés sévères des 13 et 16 juillet 1804, (24 et 27 messidor) défendit ce divertissement, qu'il déclarait « dangereux, indigne d'un siècle et d'un peuple civilités »
Mais toute législation contraire au vœu public ne peut durer. Un événement heureux, la naissance du Roi de Rome (20 mars 1811), fit lever l'interdiction. Dés le 6 avril, une circulaire du ministre de l'intérieur avait recommandé aux préfets de veiller à ce que l'on célébrât partout des fêtes solennelles, et au besoin, pour donner à la joie publique tout son essor, de « renouveler d'anciens usages chers aux peuples de certaines contrées
 
 
Le Pavillon du Jardin de la Fontaine, début XXe Siècle - Carte Postale, collection Philippe Ritter
 
En 1805, au cours de la délibération du Conseil Municipal du 19 avril 1805 (29 germinal de l’an XIII), le sieur Joseph Jérôme Arnaud, limonadier, obtient du maire, la permission d’établir un pavillon à la chinoise, à l’effet de vendre des rafraîchissements dans le bosquet de la Fontaine qui avoisine le Temple de Diane. Cette concession fut limitée à huit années, et Arnaud s’engage à payer annuellement à la commune un loyer de cent francs.
Le pavillon d’Arnaud en toile et en planche se détériora bientôt et devint hors d’usage. Le 9 janvier 1809, ce limonadier demande qu’il lui fût permis de construire son pavillon ou kiosque en briques ou en bois, il demanda en outre la permission d’agrandir le laboratoire contigu à ce pavillon.
La demande fut autorisée le 8 février 1809 et sa jouissance fut prorogée pour huit autres années.
Le limonadier fort de son autorisation fit construire une petite maison avec un étage, cette dernière sans forme et sans régularité masquait toute la façade antique de l’ancien temple de Diane.
Après constat, de cette appropriation de l’espace public, le conseil contraint le sieur Arnaud à démolir sa construction sans recevoir d’indemnité, il est autorisé à en reconstruire une conformément aux indications du directeur des travaux publics.
A l’issu des travaux son bail sera prorogé de huit ans.
Au fil des décennies la buvette changera de place et de propriétaires à plusieurs reprises, nous la retrouvons dans la délibération du Conseil Municipal du 23 novembre 1943 où un bail sera signé pour une durée d’une année avec M. Joseph André, l’ancien bail de 3200 frs l’an étant inchangé depuis 1932, le nouveau sera fixé à 6000 frs.
En mars 2002, la buvette du Pavillon s’installera dans un immeuble mitoyen au jardin de la Fontaine. Pour le bonheur des visiteurs elle conservera son agréable terrasse située entre la canal et le Temple de Diane.
En 1806, un crime horrible fut commis par 2 jeunes, l'un de 17 ans, l'autre 11, ils avaient enlevés une fillette de 4 ans, après l'avoir violé, défiguré et éventré, ils l'attachèrent à une pierre et la jetèrent dans le Vidourle.
Les jeunes monstres furent condamné le 14 octobre, celui de 17 ans à la peine de mort et celui de 11 ans, aura sa peine ramenée à 20 ans de détention vu son jeune âge, il subira une exposition publique sur l'échafaud tout près de celui où son comparse devait expier son crime, afin qu'il fut témoin du supplice qu'il avait mérité.
C'est le 15 octobre, lendemain de la condamnation, que la sentence fut exécutée en public, place des Carmes.
 
En 1807, un décret impérial, autorise l'établissement d'un Conseil de Prud'homme dans la ville de Nîmes.
Une ordonnance du 2 février 1820 portera le Conseil des Prud'hommes de Nîmes à 9 membres titulaires et 2 suppléants soit 6 fabricants et 5 chefs d'atelier.
Un décret spécial du 23 juillet 1849 modifiera sa composition : 8 membres patrons ; 8 membres ouvriers élus par catégories séparées, dans les proportions ci-après :
1er catégorie : 4 patrons, 4 ouvriers.
« Fabricants de châles, tapis de pieds, tissus en tous genres ».
2e catégorie : 3 patrons, 3 ouvriers.
« Fabricants de bas, bonnets, gants, tulles, tricots, galons, lacets, cordonnets, soie à coudre, fantaisie et bourre de soie, teinturiers, chineurs, mouliniers, dégraisseurs de laine, peigneurs, rémisseurs, dessinateurs de fabrique, liseur de dessin, graveurs pour impressions, ourdisseurs, découpeurs, blanchisseurs, apprêteurs, imprimeurs sur étoffe, constructeur de lissage et de mécanique à la Jacquart. »
3e catégorie : 1 patron, 1 ouvrier.
« Constructeurs de machines, chaudronniers, serruriers, ferblantiers, fondeurs et tourneur en cuivre, lampistes. »
 
 
Orgue de la Cathédrale St Castor - Photo GM
 
En 1808, restauration de l'orgue de l'église St Castor (Cathédrale), du 11 janvier au 4 juin, par Cavaillés, facteur d'orgues du Roi d'Espagne.
Ce choix a peut être un lien avec la visite à Nimes du Roi et de Reine d'Espagne, effectuée les 15 et 16 janvier. Au cours de son bref séjour le couple royal sera logé à l'hôtel du Louvre et visitera les antiquités romaines ainsi que les édifices public
 
- Cette même année, une garde d’honneur sera formée à Nîmes. Composée de 300 jeunes hommes qui n’avaient point été appelés aux armées.
Cette garde, revêtue d’uniformes brillants, se composa de cavalerie et d’infanterie. L’uniforme de la cavalerie consistait dans un habit écarlate avec revers blancs et aiguillettes. L’infanterie portait des habits blancs, dont les revers étaient roses. 
 
Palais Impérial, 1809 - Archives Philippe Ritter.
 
En 1809, inauguration en avril du nouveau Palais de Justice, " Le Palais impérial ".
Au cours des travaux, le 12 juin 1806,  la voûte du vestibule s'effondrera sur des ouvriers, il y aura 4 morts et plusieurs blessés.
Une grille fermera sur toute sa largeur, l'entrée du perron. Elle est fixée à des pilastres que décorent des trophées d'armes et des aigles aux ailes dorées. Ces derniers furent arrachés par des manifestants royalistes, le 15 avril 1814, après la chute de l'empereur.
Plus petit que le Palais actuel, il lui était très ressemblant, les éléments de style gréco-romains de sa façade ayant été réemployé.
 
- Démolition des constructions située au sud des Arènes, près du palais de justice. Sur cet emplacement se trouvait alors l'ancien théâtre des Arènes, construit en 1739 et désaffecté en 1789.
Par la suite il reprit du service en 1798, suite à l'incendie du théâtre des casernes, jusqu'en 1800 date de la mise en service du grand théâtre face à la Maison Carrée.
Ce théâtre des Arènes vit passer, en 1785, un illustre directeur, Fabre d'Eglantine, mort à Paris sur l'échafaud en 1794. Homme politique, acteur, poète. Il est l'auteur de la chanson si connue : « II pleut, il pleut bergère ».
La légende veut qu'il ait fredonné cette chansonnette pendant que le président du tribunal révolutionnaire interrogeait ses coaccusés : Danton, Camille, Desmoulin, etc... Il est aussi l'auteur du calendrier républicain.
D'autres grands travaux furent engagés le port d'Aiguesmortes sera réparé.
 
 
Mis en évidence, les restes de la façade de l'hospice d'Humanité de 1810 - Carte postale ancienne, montage GM.
 
En 1810, adjudication de la restauration de l’hospice d’humanité, au prix de 193417 frs. La première pierre fut posée le 24 mai 1810, on plaça alors un caisson hermétique contenant un parchemin. « Une partie de sa  façade est celle de l'actuel  Lycée Daudet. »
Lorsque l'Administration impériale eut fait dégager les Arènes et fit tracer le Boulevard St Antoine (Victor Hugo) l'architecte Charles Durand fut chargé de construire une façade uniforme au-devant de l'ensemble de constructions assez disparates qui constituaient l'Hospice de l'humanité. Au cours des travaux de démolitions on dégagea une superbe mosaïque.
Historique : Un décret impérial en date du 5 août 1809 autorisa la commission administrative des hospices de la ville de Nîmes, à faire exécuter dans l’espace de 6 ans les travaux de restauration de l’édifice, suivant les plans et devis présentés le 11 mars 1809 par l’architecte Charles Durand, ingénieur des ponts et chaussées.
Cet hôpital fut fondé en 1686, par le père Richard, jésuite missionnaire. Il reçoit les pauvres et les infirmes, les enfants trouvés et les Aliénés, provisoirement séquestrés.
Cet établissement était tenu par les dames religieuses dites de Nevers.
L'hospice poursuivit son œuvre bienfaisance jusqu'au moment ou fut décidé son transfert route d'Uzès en 1874. Les travaux de construction du nouvel hospice ayant été entrepris en 1863 et terminés en 1874.
 
- Le 23 février 1810, réclamation du Régisseur chargé d’encaisser les droits de l’octroi. Il désire que la boisson dite piquette ou demi vin acquitte ce droit.
Le conseil statut sur ce sujet, et juge cette demande inadmissible.
Considérant que les règlements qui ont servi de base à la forme actuelle de l’octroi exécutés depuis plusieurs années assujettissant aux droits d’octroi les vins, bières, liqueurs, eau de vie…le fermier (régisseur de l’octroi) étant autorisé à percevoir les droits sans distinguer les vins introduits, qu’ils soient plus ou moins forts, plus ou moins colorés, attendu que le règlement ne fait aucune distinction à cet égard entre les vins produits d’un fruit appelé raisin.
Mais si c’est de la piquette que l’on veut introduire alors le fermier ne peut percevoir aucun droit, parce que la piquette n’est pas du vin, ce n’est point le produit naturel du fruit, mais seulement de l’eau passée sur du marc de raisin, après que ce marc est été soumis à l’action réitérée du pressoir et qu’il en a été extrait tout le liquide qu’il est possible de se procurer.
Cette boisson a toujours été considérée dans le système ancien comme une boisson exempte de tout droit et ce jusqu’à ce jour.
 
- Le Dimanche 6 mai 1810, fut célébré la fête du mariage de l’Empereur Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche, à quatre heures du soir, la foule accompagnée d’un corps de musiciens défilera depuis l’hôtel de ville jusqu’à la Comédie où un spectacle gratuit sera donné, la première pièce fut, La Maison isolée ou Le vieillard de Voges et la seconde, le sourd ou l’auberge plaine. A 9 heures et demi du soir, un superbe feu d’artifice fut tiré en face de la Comédie, avec illumination générale dans toute la ville.
 
En 1811, c'est l'hiver, il y a une grande disette, des billets seront distribués aux pauvres, pour aller chercher du pain. Les guerres napoléoniennes ne favorisent pas le commerce de luxe, les fabriques de soie n'ayant plus de débouchés ne peuvent plus fournir du travail à leurs ouvriers. Le maire décide d'organiser des travaux d'intérêt général, il fait travailler, tous les hommes, les femmes et les enfants qui se présentent, aux bosquets de l'Esplanade. Ce chantier durera du mois de janvier à Paques, les ouvriers seront payés tous les soirs.
 
- Le 15 novembre, décès en exercice du maire Casimir Fornier, son adjoint Perrin de Vertz fera fonction de maire jusqu'à la nomination de Boileau de Castelnau en mai 1812.
Ce dernier fera son entrée en ville le 3 juin, une fête fut organisée à cette occasion, pétard, arc de triomphe, les illuminations prévus n'eurent lieu que le lendemain à cause d'un orage, le soir il eut droit à une sérénade. Le lendemain il reçu les autorités, ce n'est que le 9 juin 1812, qu'il fit son entrée officielle à l'hôtel de la mairie.
 
 
Spectacles à l'intérieur des Arènes - Gravure ancienne, collection Gérard Taillefer.
 
En 1813, autorisation par le Préfet de donner, du 1er mai au 30 septembre, dans l'intérieur des Arènes, des courses de taureaux et autres spectacles, tels que danse de corde, manège, voltige, luttes, ascensions de ballons.
Le dimanche 23 mai une course de taureaux est organisée dans les arènes, sous la direction du sieur Branchu, directeur de la comédie (théâtre). Des barrières en bois seront construites pour servir de retraite aux participants.
Le dimanche, 6 juin, et le lundi 7, de Pentecôte, courses de taureaux.
Le 13 juin grande course de taureaux  et luttes d'hommes, il y aura entre 12 et 15000 spectateurs.
Le 11 juillet, le sieur Antonelli Jordani, Espagnol, exerça ses talents face au taureau avec une cape rouge, il le piquera avec "des flèches et des lances ". Il n'y aura pas de mise à mort.
De nombreuses courses de taureaux et ferrades eurent lieux cette année là dans les arènes, la clôture se fit le 14 novembre.
 
En 1813, des conscrits furent levés en masse, presque tous les jeunes gens qui avaient échappé aux appels précédents, y compris les conscrits issus de familles aisées qui avaient acheté le bon tirage au sort aux plus pauvres, se virent forcés de s’enrôler dans quatre régiments de cavalerie qui prirent le nom de garde-d’honneur.
Les conscrits depuis longtemps libérés furent rappelés, la classe entière de 1814 étant convoquée. Les armées stationnées en Espagne furent rapatriées et traverseront Nîmes en se dirigeant sur Lyon… Napoléon se préparait à faire face à l'invasion. C'est à cette date que l'académie du Gard suspendit ses travaux pour ne les reprendre qu'en 1816.
 
Le tirage au sort, institué par la loi du 29 décembre 1804, consistait à tirer un numéro. Les premiers pris étant les numéros les plus faibles, au début seulement 30 à 35% des conscrits célibataires ou veufs sans enfant effectuaient leur service militaire. Les Cantons étant contingentés, le Conseil de révision pouvait élever le quota jusqu'a 80% pour trouver le contingent exigé, il fallait aussi tenir compte du nombre des dispensés et des soutiens de famille, ajournés ou réformés. A partir de 1808, des levées anticipées et l'augmentation des contingents suscitèrent beaucoup de mécontentement. Il faudra attendre la loi du 21 mars 1905 pour que le tirage au sort soit supprimé et devienne personnel, on ne pouvait plus se faire remplacer. Par contre il sera ramené à 2 ans, au lieu de 3 depuis 1889.
 
 
Maison Carrée et Chapelle des Augustins - Gravure de Cornelis Apostool, 1794 - Musée du Vieux Nîmes
 
En 1814, la première réalisation de l'architecte Victor Grangent, à la Maison Carrée, a été la démolition de l'église des Augustins en 1814 et la construction d'un contre-mur intérieur en pierre pour dissimuler le mur antique détérioré et supporter la charpente de la toiture refaite à neuf en 1819. L'année suivante il entreprend le dégagement de la base de la Maison Carrée et le rétablissement du stylobate.
 
- Le 6 février, bref passage du Pape, Pie VII, à Nîmes, libéré par l'Empereur il se rendait à Marseille. Ses gardes lui interdisent par sécurité de mettre le pied à terre, la ville est majoritairement protestante. Avertis, le clergé et la foule se portent en masse sur son passage. Arrivé à Joncquières (St Vincent) le pape prendra un modeste repas dans une auberge, cet évènement marquera plusieurs générations de la famille de l'aubergiste, monsieur Couran protestant. Tous les mobiliers et accessoires ayant été utilisés ou touchés seront conservés comme de pieuses reliques.
 
- C’est un courrier du 15 avril qui annonça le retour des Bourbons ainsi que l’abdication de Napoléon du 11 avril 1814. Depuis deux ou trois jours ce résultat était prévu, un comité secret agissait déjà, des proclamations étaient répandues sous la main, un drapeau blanc avait été planté, le 14 au soir à la Tourmagne.
Le parti royaliste fut à la fête, des arcs de triomphe se dressèrent devant des portes, les rues furent illuminées, des feux de joie s’élevèrent dans les airs. Les bustes de Napoléon, arrachés de tous les monuments publics, mutilés et brisés, furent traînés à travers les rues. On forma à Nîmes une cohorte (garde) urbaine pour maintenir la tranquillité intérieure, elle fut passée en revue et commença immédiatement à monter la garde.
 
- Une circulaire du préfet, à la date du 9 juin 1814, autorisa la reprise des cérémonies religieuses extérieures. Cette année là, ce fut la reprise des processions de la Fête-Dieu, (catholique) elles furent escortées par la cohorte urbaine, qui, se composait en grande partie de protestants... mais cette concorde ne dura pas, suite à des provocations de part et d’autre, les partis retrouvèrent leur différent.
Une conspiration impériale s'organisa dans toute la France et Nîmes ne fut pas en reste, un café lieu de leur réunion osa prendre le nom de Café de l'Ile-d'Elbe.
« Le café de l’île Elbe était situé sur le boulevard du Grand Cours (qui réuni au petit cours sera baptisé Gambetta en 1883), face au square de la Bouquerie, il deviendra le café des prisonniers de guerre, c'est actuellement une boutique de fleuriste. »
M. de Castelnau, maire de Nîmes, fatigué d’une administration qu’il prévoyait difficile, donnera sa démission en juillet, il fut remplacé par Paul-Guillaume de Daunand, le 19 juillet courant, protestant comme lui, il venait d’être décoré de la croix de St Louis.
 
Le 11 octobre 1814, Monsieur, frère du Roi le futur Charles X, honora de sa visite auguste la bonne ville de Nîmes. On réquisitionna en toute hâte, maçons, charpentiers, menuisiers et serruriers pour la toilette des Arènes, à trois heures de l'après-midi, Monsieur assista à une ferrade donnée en son honneur dans le célèbre monument. Voici l'article du Journal du Gard du 15 octobre 1814 qui relate cet évènement :
« A trois heures S. A. se rendit à l'amphithéâtre, vulgairement, appelé les arènes, où l'on avait préparé un spectacle connu dans ces contrées sous le nom de ferrade, et qui est dans le genre de ceux qu'on donne à Madrid. II consiste en des exercices de force et, d'adresse contre des taureaux sauvages paissant toute l'année dans les marais de la Camargue. Des tauréadors à cheval et à pied, armés de tridents, luttent contre ces animaux, les abattent et les tiennent, couchés jusqu'à ce qu'ils crient été marqués sur la cuisse avec un fer rouge, de la lettre initiale du nom du propriétaire. Cet exercice parut amuser le Prince, mais ce qui l'intéressa davantage, ce fut le spectacle de plus de trente mille personnes réunies dans cette enceinte, et qui, il tous moments, faisaient éclater la joie que causait sa présence. Nulle part sans doute on n'a pu offrir à S. A. R. un spectacle pareil parce que nulle part on ne trouve un local aussi bien disposé ».
 
En 1815, le 21 janvier, des gardes nationales sédentaires furent organisées dans tout le royaume, Le comte de Vogué fut nommé inspecteur de celle du Gard, par exception à la loi générale, la cohorte urbaine de Nîmes conserva son organisation.
A Nîmes la division devenait tous les jours plus sensible entre les partis, le devant du café de l'Ile-d'Elbe servait de point de réunion aux opposants des Bourbons, ou on y  chantait ouvertement une chanson qui commençait par ces mots « Quand le bien-aimé reviendra… ».
Les royalistes circulaient en nombre autour des boulevards, des rixes légères, mais journalières, avaient lieu, et ce n'était qu’aux cris de « vive le roi ! » que la jeunesse royaliste passait ordinairement devant le café de l’Ile-d’Elbe. Le maire jugea ces cris comme une provocation, et les défendit par un arrêté du 4 février.
 
Pour éclairer le lecteur, il faut savoir que la religion était une composante incontournable dans cette période agitée, les catholiques étant pour la plupart royalistes, et les protestants républicains.
Si parmi ces derniers, certains furent déçus par la politique de l’Empereur, ils ne virent certainement pas d’un bon œil  le retour des Bourbons avec la cohorte des privilèges accordés à la religion catholique.
L'Empereur étant pour eux l'unique garant du respect de leurs droits, ils se trouvèrent donc naturellement du côté des partisans de son retour au pouvoir.
 
- Napoléon de retour de l’Ile d’Elbe débarqua sur les côtes de France le Ier mars, mais la nouvelle de sont arrivée ne fut connue à Nîmes que dans les premiers jours de mars. La population royaliste témoigna de la plus grande anxiété, et demandait à grand cri des armes. Le premier mouvement « de la populace » fut de se porter sur le café de l’Ile-d’Elbe, et d’en faire fermer les portes. On en expulsa violement ceux qui s’y trouvaient et le café fut fermé par mesure de police.
Le baron Rolland Préfet du Gard, officialisa la nouvelle du retour de l’Empereur par la proclamation du 8 mars (1), ce n’avait pour but que de calmer la population, les dépositaires du pouvoir attendant la suite des évènements pour se prononcer.
 
(1) Celui qui a fait si longtemps le malheur de la France, vient de débarquer dans le département du Var ; partout où il s’est présenté il n’a trouvé que des français attachés à leur légitime souverain ; les gardes nationales, la troupe de ligne ont marché sur ses traces ; et, s’il a pu échapper à leur poursuite, il ne l’aura du qu’à la promptitude avec laquelle il aura abandonné le territoire Français.
Déjà très-éloignés du théâtre de l’évènement, nous n’en avons eu connaissance qu’en apprenant qu’il s’éloignait encore. Nous ne pouvons donc nous réunir à nos frères, et seconder leurs efforts dans ces moments ; mais, si les événements successifs demandent quelques sacrifices, je suis bien sûr que votre zèle et votre fidélité répondront aux appels qui vous seront faits.
Aussitôt que j’aurai quelques nouvelles certaines, je vous les ferai connaître. Dans l’état actuel des choses, chacun doit rester à son poste, et se, et se tenir prêt à soutenir la patrie. Vous pourrez compter que je ne négligerai aucune des occasions qui pourraient se présenter d’employer vos personnes pour le service du roi et le salut de la France. Vive le roi !
 
Lors du débarquement de Napoléon le Duc d’Angoulême se trouvait à Bordeaux avec la Duchesse, il passe par Toulouse où il jette les fondements d’un gouvernement provisoire et se rend à Montpellier pour prendre le commandement du 13eme régiment, il prend la direction de Lyon et arrivera à Nîmes le 14 mars.
Une circulaire datée du 15 mars mobilisa un bataillon de volontaires Gardois, celle du 19 mars convoqua tous les militaires qui se trouvaient en congé ou qui avaient quitté leurs corps, ils furent rejoints par la garde nationale de Beaucaire. Ces troupes furent dirigés sur le Saint Esprit (Pont St Esprit) où elles formèrent avec les arrivants du midi de la France un effectif de près de huit mille hommes.
Quelques engagements furent réalisés dans l’Isère contre des partisans de Bonaparte, mais le mauvais sort s’acharna contre le Duc.
Il apprit que le général Merle avait évacué le Saint Esprit, et que son armée, pressée par le général Grouchy, prise en flanc par des troupes qui descendaient le Rhône, avait encore à combattre le Général Gilly pour opérer sa retraite sur la Provence.
L’épine dorsale de son armée, le 14eme régiment de chasseurs s’étant mis en rébellion, Il licencia les volontaires le 9 avril et se rendit au Général Grouchy qui le retint prisonnier au Saint Esprit pendant 6 jours dans l’incertitude jusqu’à ce que l’empereur eût décidé de son sort.
Le prince fut libre de partir le 15 avril et arriva le lendemain à Cette (Sète). Il était attendu par des troupes menaçantes de gardes nationaux de la Gardonnenque (républicaines), qui se trouvaient sur la route de Nîmes à Montpellier. Une voiture arrive, on court sur elle avec des démonstrations menaçantes, confusion, celui qui y était enfermé, n’était que le maire d’Uchaud, le sieur Lazare et zélé bonapartiste de surcroît.
Après ces évènements le plus grand désordre régna pendant quelques jours dans Nîmes, nul ne pouvait sortir de la ville sans un laissez-passer du commandant de la place, on interdit la détention d'armes et des perquisitions à domicile furent effectuées.
La garde urbaine, chargé du service intérieur renvoya de son sein les partisans royalistes. En se renforçant avec ses propres partisans elle créa deux nouvelles compagnies qui furent surnommées les « collets jaunes ». A leur retour les volontaires royaux, appelés « miquelets », furent dépouillés et maltraités, il y eut aussi de nombreux règlements de comptes sanglants.
Les suspects furent emprisonnés et déportés, le préfet Rolland fut remplacé par le baron Ruggieri, le colonel Magnier et le capitaine Espérandieu arrêtés à Orgon, furent enfermés au château d’If.
Cette situation ne dura qu’un temps, « les cents jours » de Napoléon. Le désastre de Waterloo du 18 juin 1815 sonna le glas du premier Empire. Les évènements restèrent flous à Nîmes pendant un temps et le pouvoir bonapartiste resta encore en place en province.
Le 25 juin ces nouvelles alarmantes n’empêchèrent pas les bonapartistes de faire un banquet à la fontaine, qui se termina par un tour de ville triomphant avec en tête le buste de l’empereur.
Tandis que M. de Montcalm soulevait le département de l’Hérault et marchait sur Montpellier pour s’emparer de la citadelle.
Le général Gilly tente de rapatrier des renforts venant du pont St Esprit, dans la nuit du 28 au 29 juin, ils furent attaqués par un détachement de paysans accourus des villages voisins dans les combes de Pouzilhac et ne purent se dégager que le jour venu. Malgré un état incertain du département le général Gilly concentrait ses forces dans Nîmes.
Le 10 juillet le conseil municipal de Nîmes refuse les injonctions de M. de Bernis, l’armée royaliste de Beaucaire renforcée des éléments fuyants la ville de Nîmes où ils n’étaient plus en sécurité était impatiente au combat. La vengeance, le butin tout était prétexte pour traiter Nîmes comme une ville prise d’assaut en exterminant ses défenseurs partisans de l’Empire.
Dans la nuit du 14 au 15 juillet le général Gilly évacua la ville avec ses chasseurs à cheval ainsi que la plupart des « collets jaunes », il prit plusieurs chemins détournés pour ensuite se réfugier dans les Cévennes où il savait pouvoir compter sur la discrétion de ses partisans. En faisant courir le bruit qu’il avait gagné la Suisse, il échappa ainsi aux recherches jusqu'à l’époque où le Duc d’Angoulême, sollicita sa grâce et la révision du jugement qui le condamnait.
Pendant tout ce temps le général est resté caché dans les Cévennes, terre de refuge car opposée aux très catholique pouvoir royal.
Le 15 juillet la nouvelle de l’entrée du Roi Louis XVIII à Paris est connue à Nîmes, ce ne fut que le lendemain que le drapeau blanc parut sur les édifices publics et que le corps municipal reconnu enfin Louis XVIII.
La tranquillité de la ville n’en devenait que plus précaire, une compagnie de citoyens se forma pour maintenir l’ordre, il fallait un chef ce fut le fils du maire (de Daunand) qui fut choisi. L’artillerie était restée posté sur les hauteurs des moulins à vent, on la força à capituler et rendre les armes, elle sortie sans arme de ses cantonnements sous les hués de la foule, des coups de feu partirent, les soldats s’enfuirent dans toutes les directions, la gendarmerie chargée de maintenir l’ordre resta en retrait et la ville fut l’objet de bagarres, des soldats de l’armée Française, qui n’étaient que des conscrits et petit Français venus malgré eux de leurs villages, furent assassinés par des royalistes partisans devenus ivre en ne voyant dans ces soldats en uniforme que des soldats de l’empire qu’ils exécraient.
Le 30 juillet le nouveau Préfet, M. d’Arbaud-Jouques, nommé par Louis XVIII arrive à Nîmes, son arrivée fut le signal de nouveaux excès, plusieurs règlements de comptes eurent lieux les nuits suivantes. La garde nationale devant se porter partout où le désordre régnait dans le Gard, se trouva impuissante. Elle devait courir à Uzès, à Pont St Esprit… pendant ce temps les Autrichiens s’avançaient sur la rive gauche du Rhône, ils investirent en premier Aiguesmortes.
Une chose remarquable arriva tout de même au milieu de cette agitation, la foire de Beaucaire retardée se tient à partir du 11 août, la confiance au nouveau régime revenait avec les affaires.
Malgré cette accalmie à Beaucaire, la nuit du 20 au 21 août sera la plus tragique à Nîmes, elle précédait les élections du 22 qui se passèrent sans problèmes graves.
Le 24 août, Nîmes fut occupé par 4.000 Autrichiens commandés par le général comte de Neipperg. Il avait sous ses ordres les troupes des départements du Gard, de l’Ardèche et de l'Hérault, son quartier général était à Nîmes, dans l'hôtel du général baron Merle, au numéro 6 du quai de la Fontaine. Les Autrichiens quittèrent la ville le 18 septembre.
Six ans plus tard, en septembre 1821, et seulement 4 mois après le décès de Napoléon, le comte épousera Marie Louise. En lui faisant trois enfants, « il déposera ses oeufs dans le nid de l'Aigle ». (citation de Chateaubriand).
 
En 1817, avec les frères de la doctrine chrétienne, retour à Nîmes de l'enseignement religieux supprimé en 1791. Trois premières classes s'ouvriront le 3 novembre dans la maison de la Providence, située rue Jean Reboul, ils y resteront jusqu'en 1882, ce bâtiment fut détruit et transformé en parking dans les années 1970.
Par la suite en 1818, 4 classes s'ouvrirent dans la paroisse St Charles. En janvier 1820 deux classes s'ouvrirent sur la paroisse St Baudile, d'autres classes continuèrent à s'ouvrir dans ces 3 établissements. En 1834 on compta 1200 élèves en primaire auquel il fallait ajouter 3 classes d'adultes. En 1835, quatre classes furent ouvertes dans le local de la Calade, (emplacement du Théâtre). D'autres écoles s'ouvrirent plus tard, en 1867, on comptait à Nîmes 30 classes dirigées par les frères des Ecoles chrétiennes.
Les écoles gratuites pour filles seront dirigées par les dames de St Maur, en 1837, elles seront au nombre de trois. Près de l'Esplanade, 183 élèves ; près de St Paul, 215 élèves ; rue de l'Enclos-Rey, 216 élèves. Il faut ajouter pour 1837, les dames de la charité de Saint-Vincent-de-Paul, ouvrirent une école primaire avec 140 élèves, dans une maison de la rue du Mûrier-d'Espagne.
 
En 1818, Antoine Cavalier devient maire de Nîmes, il fut d'abord commissaire du gouvernement impérial près de la cour d'appel en 1805, puis procureur général en 1811, et mis d'office à la retraite en janvier 1816, avec le titre de président honoraire, il sera remplacé par un ultra royaliste.
 
 
Les Arènes de Nîmes, fouilles de 1866 - Collection Musée du Vieux Nîmes
 
- Des sondages isolés furent effectués dans le milieu des arènes, ils permirent de découvrir pour la première foi une fosse en forme de croix.
L'ingénieur Grangent, chargé en 1829 de restaurer le monument, fut le premier à en étudier toutes les parties, d'après lui cette fosse en forme de croix, serait une église chrétienne. Des inscriptions, mises au jour par Révoil et encore en place, ont démontré l'inanité de cette affirmation.
Lors des fouilles de 1866, un plancher en bois de sapin fut installé pour couvrir la fosse, ayant besoin d'être renouvelé, il fut remplacé en 1870 par du chêne revêtu de goudron.
 
La Maison Carrée, gravure ancienne - Collection Gérard Taillefer.
 
En 1820, après la démolition de l'ancien couvent des Augustins, dont les constructions s'appuyaient contre la Maison Carrée. En 1820, on put ainsi dégager celle-ci des terres et débris qui s'étaient amoncelés à sa base. Par la même occasion, on refit la toiture du monument avec des tuiles, à la manière antique.
En février 1822, l'architecte Victor Grangent restitue le sol antique autour de la maison Carrée à 5 mètres de chaque côté et 15m50 devant la face principale et l'entoure d'une grille en fer forgé sur 3 côtés.
La création, en 1825, de la rue Auguste, sur l'emplacement d'une rue étroite, permit de voir, du square Antonin, toute la beauté de sa façade. La démolition de maisons, côté Est, permis d'isoler complètement ce monument et terminer la construction de la clôture.
 
- La colline de la Fontaine étant devenue un rocher aride et dévasté, des travaux furent entrepris pour la transformer en une des plus agréables promenades de la ville, avec des plantations de pins autour, et au dessus du bassin de la Fontaine. Elle sera dénommée par certains le mont Cavalier, nom du maire qui réalisa ces travaux.
Ensuite, à partir de 1841, agrandissement de cette promenade, suite à l'acquisition de plusieurs terrains en 1829, la démolition de quelques masures et l'achat du Mas Rouge en 1839. Bien connu des nîmois, cette maison sera jusqu'à une époque récente l'habitation du gardien de la Tourmagne.
C'est en 1848 que sera planté un cèdre, qui prospèrera tellement qu'il est devenu le "Grand Cèdre".
Ce n'est que bien plus tard, en 1865 et 1867, suite aux acquisitions des enclos Méjean, Ménard et Féminier, que l'ensemble du jardin de la Fontaine aura acquis l'étendue que nous lui connaissons aujourd'hui.
 
Mgr Claude-François-Marie-Petit-Benoit de Chaffoy
 
En 1821, restauration de l’évêché à Nîmes, ce dernier ayant été supprimé par le concordat de 1801.
La bulle Paternœ Charitatis restreint le diocèse d’Avignon au territoire du Vaucluse et élève le département du Gard en diocèse. Le 24 septembre 1821, M. de Chaffoy est préconisé par Pie VII et le 24 octobre suivant, il recevait dans l’église Saint-Sulpice la consécration épiscopale. Agé de 70 ans, le nouvel évêque fit son entrée solennelle à Nîmes le 19 décembre 1821.
Le soir même, il y avait un grand bal à la préfecture du Gard, un hôte inattendu se présenta à M. de Villiers du Terrage ; c’était Mgr de Chaffoy, le nouveau prélat passa sa première nuit dans l’ancien évêché, puis se rendit le lendemain à l’hôtel de Balincourt (29, rue des Lombards), alors propriété de la baronne de Listeroy, qui fut momentanément loué pour cet usage.
 
En 1822, création du cimetière protestant de la route d'Alès. En 1906 il sera attribué au Consistoire protestant par l'Etat, c'est l'un des rares cimetières privés. Sa surface est de 5ha et il a près de 6000 emplacements.
 
- Le 3 avril 1822 par ordonnance royale, l'ancien palais épiscopal (actuellement musée du vieux Nîmes) était remis à la disposition des évêques de Nîmes, tandis que le 11 mai de la même année, le Conseil général achetait l'hôtel Rivet (actuellement école des Beaux-arts, grand'rue) pour y installer la Préfecture du Gard.
Ce palais épiscopal avait été vendu comme bien national, le 6 février 1793, pour la somme de 101000 livres à Pierre Chabanel, celui-ci le revendit, à son tour, le 30 décembre 1807, au département du Gard.
 
- Le 19 août 1822, un arrêté du Préfet du Gard, définit l’Avocaterie des Pauvres à Nîmes. Cet établissement sera administré par les membres du bureau de bienfaisance.
A l’origine l’Avocat du pauvre est du à la munificence de Louis Raoul, bachelier ès-lois, qui par son testament du 25 de février de l'an 1459 (1460) substitua ses biens aux pauvres, soit veuves, soit pupilles et orphelins, qui auraient besoin d'un défenseur pour poursuivre leurs procès dans les cours et tribunaux de Nîmes. Il fit d'abord lui-même la première nomination de cet avocat, et son choix tomba sur Jean Auban, bachelier en droit.
Quant à ceux qui devaient remplir cet office après lui, il en attribua l'élection aux officiers royaux, soit de la sénéchaussée, soit de la cour royale ordinaire de Nîmes, et aux avocats de ces deux cours, et alternativement, aux consuls et aux conseillers de villes, il les chargea les uns et les autres de faire serment, avant qu'ils procédassent à la nomination, d'élire un sujet capable et propre à se bien acquitter de ces fonctions.
Il obligea cet avocat des pauvres de promettre par serment, après son élection, qu'il exercerait son office avec fidélité et droiture, et qu'il se rendrait de facile accès à tous les pauvres qui pourraient avoir besoin de son ministère, de faire effectuer un inventaire exact de ses biens, avant que d'en prendre possession, et d'en remettre, un mois après, une copie collationnée dans les archives de l'hôtel de ville, de ne jamais exiger de salaire des pauvres dont il prendrait la défense en justice, d'entretenir avec soin la maison et les fonds dépendants de cette fondation (située 16 rue Fresque) et d'en payer exactement les charges et les tailles ordinaires et extraordinaires, de faire dire tous les ans un service dans l'église cathédrale de Nîmes, pour lui et pour ses parents, amis et bienfaiteurs, à pareil jour ou dans le même mois de sa mort, et de donner pour cela vingt sols ».
 
- Pose de la première pierre du Grand Séminaire le 25 août 1822 sa construction s'étalera sur dix ans. Situé rue des Chassaintes, le bâtiment abrite actuellement les Archives Départementales.
 
 
Le musée de la Maison Carrée en 1835. Gravure de Turpin de Crissé. 
 
En 1823, le 9 mai, visite à Nîmes de la Duchesse d’Angoulême. A Nîmes tout sera mis en œuvre pour honorer la fille de feu Louis XVIe et nièce du Roi Louis XVIII, la maison carrée devant être transformé en musée, on le plaça sous la protection de la princesse. Une plaque fut apposée avec l’inscription suivante : "Musé Marie-Thérèse", cette appellation disparaîtra discrètement en 1830, la plaque ne portera alors que l'inscription "Musée".
La princesse devant se rendre à une cérémonie dans la cathédrale et son baldaquin ne pouvant passer sous l’ancien porche cintré de la grande porte, on ordonnera sa démolition. On reconstruira une nouvelle porte en style grec, qui par son fronton mutilera la frise d’Alexandre en son milieu.
Les 9 et 20 Mai 1823, elle assista au théâtre à deux représentations données en son honneur, la première fois, on joue La partie de chasse de Henri IV de Collé, la deuxième fois, Aline Reine de Golconde de Berton.
Marie Thérèse, décèdera le 19 octobre 1851, âgée de 70 ans, le poète nîmois Jean Reboul lui rendra hommage en lui consacrant un poème « A la fille de Louis XVI ».
Après la création du Musée Marie Thérèse un conflit naîtra entre l’administration municipale et le Conseil Général, il fallait définir qui allait payer les frais de fonctionnement, conservateur, concierge…le Conseil Municipal déclarant qu’il ne retirait aucun bénéfice de ce monument il ne pouvait en assurer les frais de fonctionnement.
A la séance du Conseil Municipal du 17 septembre 1825 prenant acte du refus de financement de la part du Conseil Général, la municipalité considérant qu’il importe de conserver le Musée Marie Thérèse et pourvoir à la garde et la conservation de ce superbe monument, la ville de Nîmes s’impose donc cette nouvelle dépense. 
 
En 1824, la Municipalité entreprit un grand travail d'ensemble pour la dénomination de toutes les rues de la ville et des faubourgs. Les rues de chacune des douze sections urbaines reçurent des noms du même genre, par exemple : Les rues voisines de la Fontaine, des noms romains - Les rues voisines du théâtre, des dramatiques - Celui de la Madeleine, ancien faubourg Saint-Laurent, des noms de saints - Autour de la rue du Cirque Romain, des noms de rois de France du Moyen-Âge - A côté de l’Esplanade, des noms célèbres à l'époque de Louis XIV - Au chemin d’Avignon, des noms d’hommes illustres - Au faubourg Richelieu, des noms de lettrés célèbres - Au quartier St Charles, des historiens.
C'est à cette occasion que la modeste rue du Mas Gaillard sera baptisée d'un nom qui fera la une des journaux 180 ans plus tard, rue Septimanie.
 
- A la même époque, Nîmes fut dotée des premières fontaines publiques, alimentées par les eaux de la Fontaine. Jusqu'alors la population n'avait été alimentée que par les eaux des puits, publics ou privés. La première fontaine fut élevée place Saint Charles, en 1820, sous l'administration de M. Antoine Cavalier.
 
 
Porte de la Maison Carrée - Photo GM.
 
- Un mémoire de compagnon, daté de 1824, nous éclaire sur l'origine de la magnifique porte de la Maison Carrée. Première soumission de Lemoine dit Nantais pour la porte de la Maison Carrée d'après des plans donnés par Grangent, le 2 octobre 1823. Lemoine, ancien compagnon,  fixé à Nîmes, s'engage à réaliser cet ouvrage pour 3830 frs.
« Elle sera réalisée en bois de noyer épaisse de 4 pouces, ayant de grosses moulures en cuivre embrevée dans les traverses et les battants : ce travail exécuté par Vivarais-le-Chapiteau, et Médoc-la-Rose-d'Amour, deux de nos plus habilles compagnons, attirait l'attention de tous les gens de la partie par la justesse des ses assemblages et la beauté de son fini : c'est comme exécution un chef d'oeuvre de menuiserie. »
La décoration de la porte, en bronze, sera réalisée par la Manufacture de bronzes « Delafontaine, 13 rue d'Orléans à Paris. »
La décoration de la porte devait être en bois à l'origine, mais elle a été remplacée par des motifs en bronze, sur l’ordre du Ministre de l'Intérieur.. Un ordre de transport des ornements en bronze de cette porte nous en donne le poids, 400kgs.
La porte sera posée le 10 mars 1824.
Un sculpteur d'Aix, Martin, réalisera, le projet de plafond du péristyle de la Maison Carrée réalisé par l'architecte Victor Grangent en 1822.
 
- M. le Préfet ayant autorisé la réunion extraordinaire du Conseil du 29 novembre 1824, le présidant expose au Conseil Municipal que M. Ménard petit fils de l’écrivain de l’histoire de la ville de Nîmes, sollicite une bourse Royale dans un collège pour son fils Henri Ménard, que l’état de misère dans lequel il se trouve ne lui permettant pas de subvenir aux frais du trousseau, le Conseil décide de prendre, comme il a déjà été fait pour le fils aîné de cet infortuné, l’engagement de fournir, au Sieur Ménard père, un secours de six cent francs.
Léon Ménard, né à Tarascon de famille nîmoise en 1706, mort à Paris en 1767, fut par excellence l’historien de la ville de Nîmes. Dans son histoire des évêques de Nîmes (1737) puis son Histoire civile, ecclésiastique littéraire de la ville de Nîmes, parue en sept volumes de 1750 à 1758, il a cité et analysé un nombre considérable de documents et d’évènements. Il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres.
Son œuvre, rééditée récemment, est toujours la référence de l’histoire de Nîmes avant la révolution. Ce n’est pas un roman mais un outil indispensable pour tous les historiens et passionnés d’histoire locale.
 
En 1825, on construisit la Maison d'Arrêt, derrière le tribunal. Ce qui restait des bâtisses de la sénéchaussée autour de la geôle séculaire est jeté bas. Les travaux de reconstruction se poursuivront jusqu'au printemps 1827. Cet édifice sera démoli en1975, pour faire place à la nouvelle aile ouest du tribunal.
 
- Un nouveau règlement sur le régime de l’octroi fera l’objet d’une publication détaillée ,18 pages sur les diverses tarifications figureront dans le registre des délibérations du Conseil Municipal en date du 7 mai 1825.
Il est en outre précisé que les droits de l’octroi seront exigibles dans la circonscription de la ligne d’enceinte et se feront aux bureaux désignés ci-dessous :
Pont de Sauve ; aux égorgeoirs ; au chemin de Montpellier ; à celui de la Bastide ; à celui de St Gilles ; au pont de la Servie ; au chemin d’Arles ; à celui de Beaucaire ; à celui d’Avignon ; à celui d’Uzès ; à la Croix de Fer ; à l’aiguillon de la porte Cancière ; à la Planette.
Aux vieux égorgeoirs où est établi la tuerie publique de cochons, il y aura, en outre pour le service de la perception dans l’intérieur, un bureau central.