EXTRAIT DU SITE METAMIGA HISTORIQUE DES PLUIES IMPORTANTES QUI
PROVOQUERENT DES INONDATIONS DANS LA VILLE DE NIMES
La
ville de Nîmes se trouve à la limite de la garrigue calcaire et de la plaine
alluvionnaire de la Vistrenque dans une petite reculée en forme de cirque limité
par cinq collines au Nord qui la protègent des vents venant du Nord. La
topographie particulière du site de NÎMES forme un microclimat et les nuages
venant de la mer remontant par la Vistrenque s'élèvent et se bloquent sur les
collines nimoises. donnant ainsi naissance à des pluies violentes et importantes
sur les bassins versants des Cadereaux. Les cadereaux qui collectent les eaux
tombées sur les collines convergent vers la ville de NÎMES et la traversent
avant de se jeter dans le Vistre, orienté NE-SW, qui est l'axe de drainage
majeur de ces derniers. Les bassins versants des cadereaux sont constitués
par des calcaires des calcaires argileux et des marnes du Crétacé ; l'ensemble
de ces formations géologiques forme un complexe très peu perméable avec de
fortes pentes. les eaux pluviales qui tombent sur ces formations géologiques
s'infiltrent très difficilement dans les sols, elles ont tendance à ruisseler et
à acquérir des vitesses importantes à l'entrée de la ville de NÎMES, créant
ainsi des inondations catastrophiques à cause des débits et surtout des vitesses
d'écoulements importantes. le site de la ville de NÎMES a été occupé depuis
l'époque Néolithique,
les Volques Arécomiques créèrent leur capitale autour de la source de Nemausus,
les romains construirent une ville importante. la Colonia Augusta Nemausus, avec
pour emblème le palmier et le crocodile; après la chute de l'Empire Romain NÎMES
perd de son importance au Haut Moyen Àge . Durant toutes ces périodes aucun
écrit ne signale des inondations de NÎMES, la ville était certainement mieux
adaptée aux caprices des cadereaux par un urbanisme prenant en compte les
conditions très particulières du site, les constructions avaient une orientation
nord-sud permettant un parfait écoulement des eaux pluviales. les premières
indications sur les inondations de la ville de NÎMES remontent au XIVe siècle.
la ville de NÎMES fut toujours frappée par des pluies importantes, mais les
inondations catastrophiques à partir du moyen-àge traumatisèrent les générations
successives jusqu'à l'époque actuelle.
-1334-1336. la première mention dans les écrits d'une crue des cadereaux.
un homme qui construisait un four à chaux à proximité du lit du cadereau, se
trouve bloqué pendant quatre jours et quatre nuits à cause d'une pluie
importante qui provoque une inondation du cadereau qui menaçait d'emporter la
dite construction. (Archives communales de NÎMES).
-1393 fortes pluies qui provoquent des inondations de la ville de
NÎMES.
-29 Août 1399 " jour de la décollation de St Jean Bapliste. un si grand
débordement d'eau causé par les pluies, que la ville en fut presque couverte et
inondée. La rapidité des eaux abattit des pans de mur considérables en divers
endroits des murailles et des fossés de la ville. L'épouvante générale se mit
parmi les habitants. lls crurent toucher au moment de se voir engloutir par les
eaux. l'inondation diminua cependant peu à peu et le danger cessa bientôt
" (Extrait de .Menard tome I-III page 111.)
-1403 " Les pluies et des débordements des eaux firent encore un dégât
et un ravage considérables dans le pays. On s'en ressentit à Nîmes si fortement,
que la consternation y était générale. Aussi, ne manqua-t-on pas d'y implorer le
secours du ciel, et de demander à Dieu la cessation de ces longues pluies, qui
ne pouvaient manquer de jeter le peuple dans une famine cruelle. On fit en
cette ville au commencement de septembre, une réparation au pont de la porte de
la Couronne, construit sur les fossés de la ville, qui paraît n'être que la
suite du ravage des pluies. Deux arches du pont auraient sans doute été
emportées par les eaux ". (Extrait de .Menard tome I-II page
119-120.)
-7 Mai 1482 .Orage violent. grêle et vent (Menar tome IV.)
-9 Septembre 1557 "Il tombait une si grande pluie: à Nîmes, mêlée de
grêle. d'éclairs et de tonnerres, depuis 13 h 00 ou 14 h 00 jusqu'à 20 h 00. que
la ville fut presque inondée. On croit même qu'elle aurait été ruinée de fond en
comble. si cette pluie avait duré six heures ou sept heures de plus. La foudre
tomba sur plusieurs maisons. L impétuosité des eaux qui venaient à grands flots
du chemin de Sauve et des collines qui sont au nord-ouest de Nîmes démolit les
murailles de la ville en divers endroits. Le moulin situé dans les fossé à
l'entrée de la Magdeleine fut abattu. ainsi que la tour attenante à cette porte
et le pont sur lequel on passe le fossé pour y entrer. Les eaux montaient
jusqu'à six pieds par-dessus le rez-de-chaussée dans la cour du collège (ancien
collège des jésuites, dans la Grand Rue, les bâtiments actuels sont de 1680). De
sorte que pour en
conserver le souvenir, on traça à l'entrée de cette cour contre le mur de la
classe de philosophie en l'endroit même ou les eaux étaient montées, une main
qui tirait une ligne, pour le désigner, avec un distique latin au-dessous qui
marquait l'année et le
jour de cet événement . Les champs du territoire de Nîmes furent couverts de
pierres et de ruines d'édifices abattus par la pluie que les torrents
entraînèrent et les vignes
furent rompues et remplies de sable.Les eaux firent dans les terres des
dégradations profondes qu'elles découvrirent quantité d'anciens monuments
romains qui auraient
demeuré jusque là cachés sous terre, tels que des tombeaux. des colonnes, des cippes,
des lampes sépulcrale des urnes. des pavés de mosaïque, et des médailles de tout
métal. On crut alors avoir trouvé la prédication dans un des quatrains des
prophéties de Nostradamus ". (Extrait Menard tome IV pages 237-238.) Thomas
Platter lors de sa visite à Nîmes en Février 1596 écrit: "...La Fontaine
devient. quelquefois si grosse que la ville court le risque d'être inondée,
comme l'atteste une plaque de marbre placée sur le mur du collège et indiquant
la hauteur qu'atteignit la Fontaine dans une de ses crue:s. Voici deux vers
qu'on y lit : "Anno
post tercenta, undenaque lustra secundo Septembris novo, bune merserat unda
locum". " La
seconde année après le trois cent onzième lustre le 9e jour de Septembre, l'eau
couvrit entièrement ce lieu" "Sans
la précaution que l'on avait prise de ménager un écoulement des eaux, toute la
ville eut été submergée; une moitié subit de grands dommages et la population
dut se réfugier sur les tours" L'ancien collège des Jésuites se
trouvait dans la Grand Rue , près du musée archéologique actuel, c'était le
point le plus bas de l'ancienne ville. Les eaux qui avaient envahi les rues de
la ville s'accumulèrent dans la Grand Rue car le passage qui se trouvait sous
les remparts près de la porte de la Couronne était trop étroit pour laisser
s'écouler la crue vers les fossés, les eaux montèrent et envahirent le
collège.
-25 et 26 Août 1656 " Il régna tout l'été de cette année 1656 une
extrême sécheresse à Nîmes. Mais il survint tout à coup une pluie extraordinaire
mêlée de grêle, la nuit du vendredi 25 Août au samedi 26. Elle commença sur les
onze heures avant minuit et ne dura pas deux heures. Ce fut toutefois avec une
violence si étrange que les vignes et les champs furent tous détruits et presque
submergés depuis le village de Courbessac jusqu'au- delà de celui de St Cézaire,
ce qui forme une étendue de pays de près de deux lieues. On assure que le dégât
que causèrent les aux se monta à plus de quarante mille écus ". (Extrait de
Menard tome VI page 116.)
-16 Avril 1680 " Dans la nuit, il a commencé à pleuvoir et cette pluie
a continué quelques temps. Elle est venue si à propos qu'elle a réjouy tout le
monde. On était dans une appréhension épouvantable de n'avoir aucune récolte;
car depuis sept mois il n'avait pas plu. Il y avait eu en ce moment là une
espèce de déluge. L'eau estant venue en telle quantité qu'elle emporta presque
toutes les murailles des pièces, arracha des arbres toutes les murailles des
pièces, arracha des arbres et fit mille désordres" (Extrait du livre des raisons
du notaire Borrely)
-Septembre 1707 " Au commencement de septembre suivant, il fit en cette
ville, une pluie si extraordinaire que les murailles de quantité de champs et de
vignes furent renversées, ainsi que les arbres, les vignes et les oliviers"
(Extrait de Menard tome VI page 426). "La pluie qui a commencé de tomber le 22
Septembre, à l'entrée de la nuit, a duré dix à douze jours et occasionné un
véritable déluge. Elle a, dans le cours des cadereaux, emporté les vignes,
arraché les figuiers et oliviers, renversé les murs de clôture et inondé toute
la campagne. La Fontaine a subi une telle crue que les fossés de la ville ne
pouvaient contenir toute l'eau qui en provenait. Toutes les caves ont été
remplies d'eau et la plupart des couverts n'ont pas résisté. On a trouvé, dans
la plaine, quantité de perdrix, lièvres et surtout lapins morts. Du côté des
rivières, des métairies, maisons de campagne, ont été emportées. Beaucoup de
personnes, à ce que l'on rapporte, ont été noyées. On estime à plus de cinquante
mille livres les dommages qui ont été faits au terroir de Nîmes " (Extrait du
livre des raisons du notaire Borrely 1707)
-Mai 1709 Un orage violent a éclaté sur Nîmes. (Extrait de
Menard.)
-1738 Les pluies extraordinaires tombées sur Nîmes pendant plusieurs
jours de suite ont provoqué des inondations d'une grande partie du terroir de la
ville. La ville de Nîmes perçoit des indemnités pour réparer les dégâts.
(Extrait des Archives communales de Nîmes.)
-1739 Indemnités accordées à la ville de Nîmes en raison des dommages
causés par les inondations du terroir de la ville, (Extrait des Archives
communales de Nîmes.)
-Octobre 1741 Indemnités accordées en raison des inondation du terroir et
du tailhable de Nîmes. (Extrait des Archives communales de Nîmes),
-Octobre 1745 Le Vistre est en crue. (Extrait des Archives communales de
Nîmes).
-1747 les pluies importantes avaient fait écrouler les murailles de la
ville en divers points, des travaux importants sont entrepris pour réparer les
dégâts, En Décembre des pluies très violentes tombèrent sur la ville. (Extrait
des Archives communales de Nîmes)
-2-3 Novembre 1748, il tomba 110 mm sur Nîmes durant ces deux jours.
(Extrait Menard tome VII Observations météorologiques p, 599)
-28 Septembre 1751, un orage très violent déversa 29 mm d'eau en 30
minutes, (Extrait de Menard tome VII Observations .Météorologiques page
600)
-20 Juin 1752, à 16 h 00, un orage de grêle s'abat sur Nîmes et on
enregistre 110 mm de pluie (Extrait de Menard tome VII Observations
.Météorologiques page 600)
-11 et 12 Novembre 1754, un orage violent s'abattit dans la nuit du 11 au
12 sur la ville de Nîmes Il provoqua la précipitation de 135 mm d'eau durant
douze heures la pluie fit des ravages importants dans la campagne nîmoise
(Extrait de Menard tome VII Observations .Météorologiques page 600)
-20-21 Septembre 1755. dans1a nuit il tomba plus de 172 mm d'eau sur
Nîmes (Extrait de Menard tome VII Observations .Météorologiques page
600) -1759-1760-1761-1763. très
gros orages ou très forte pluies. (Extrait des relevés des docteurs Baux et
Razoux )
-7-8 Septembre 1780, pluies très importantes durant ces deux jours. on
enregistre plus de 162 mm d'eau, (Extrait des relevés des docteurs Baux et
Razoux )
-1790, Inondations catastrophiques durant le printemps. (Extrait
d'Histoire de Nîmes, Edisud 1982,)
-Mai-Juin 1810. les pluies presque continuelles durant ces deux mois ont
causé beaucoup de dommages dans la campagne nîmoise, Un orage d'une extrême
violence frappe Nîmes en Juillet. (Extrait des Archives départementales l
,M)
-Octobre 1827, le mois d'Octobre fut très pluvieux, les pluies
torrentielles provoquèrent une crue extraordinaire de la Fontaine de Nîmes, le
Vistre déborda. (Extrait du Courrier du Gard)
-9-10 Décembre 1839, Des pluies importantes s'abattirent sur Nîmes,
provoquant une crue importante de la Fontaine de Nîmes. (Bulletin de la
Météorologie)
-Octobre-Novembre 1843, Depuis dimanche (29 octobre) dernier jusqu'à
jeudi (2 novembre), la pluie n'a cessé de tomber dans notre ville avec une
continuité et une violence inouïes. De vrais torrents s'échappaient de toutes
nos rues, dans quelques quartiers bas de la ville, l'eau a pénétré dans les
maisons, c'était un véritable déluge; aussi, notre Fontaine est-elle grossie au
point qu'on ne cite comme pouvant être comparée à cette crue extraordinaire que
celle qui eut lieu en 1827. Ce torrent du cadereau, à sec quelques jours avant,
s'est élevé durant la nuit de mercredi à jeudi, à une hauteur prodigieuse et
s'est répandu dans la plaine qu'il a inondée, Nous savons seulement que quelques
travaux de construction appartenant au Chemin de Fer ont été emportés par les
eaux ainsi que les outils déposés sur les chantiers, Il y a lieu d'espérer que
le dommage se bornera à une interruption des travaux pendant quelques jours
(Extrait du Courrier du Gard)
-26 Mai 1859. " Le consistoire convoqua tous ses coreligionnaires pour le
jeudi 26 Mai à 10 heures du matin dans un enclos récemment acquis et contigu à
l'Ermitage de la route d'Alais à 2 heures de l'après-midi éclatait soudain un
épouvantable orage accompagné de forts grêlons et une pluie diluvienne se mit à
tomber " (Extrait de A. Pieyre)
-3 Juin 1859. " la trombe qui, vendredi dernier s'est abattue sur la
ville de Nîmes et son territoire, principalement dans le bassin dont la route
d''Uzès occupe le fond, a versé une masse d'eau plus considérable qu'aucune de
celles dont les observations météorologique fassent mention, On ne l'évalue pas
à moins de 36 cm dans l'espace de près de quatre heures, Il devait en résulter
un véritable fleuve d'une force irrésistible dans le bas de la vallée,
c'est-à-dire à l'entrée du faubourg d'Uzés, i1 n'est pas étonnant dès lors, que
les maisons de ce quartier aient été envahies jusqu'à une hauteur de 1 mètre à
1,50 m et que les rues aient présenté l'aspect de torrents impétueux, Il n'y a
aucune mort d'honneur à déplorer, Mais quel aspect douloureux présentait ce
faubourg populeux dans l'après-midi de vendredi dernier, quand l'écoulement des
eaux a permis de le visiter. Partout des familles en détresse contemplent les
larmes aux yeux leur mobilier détruit et pour beaucoup d'entre elles le métier
qui les faisait vivre mis hors de service. Dans la campagne, l'aspect est aussi
désolant que dans la ville on voit sur toute l'étendue de la vallée des murs
renversés et des propriétés complètement ravagées, Méssieurs les ingénieurs ont
reconnu qu'une des causes qui a aggravé les malheurs, est le rétrécissement
successif apporté au cadereau par le chemin de fer. Le lit de ce torrent sur
lequel les riverains se sont permis des empiétements s'est trouvé insuffisant à
contenir et à écouler la quantité prodigieuse des eaux descendant de Calvas et
des collines environnantes. Toutefois, il faut reconnaitre que cette issue
naturelle aurait été plus large les eaux fournies par la trombe de vendredi
étaient telle que leur écoulement normal aurait été impossible, L'administration
prendra sans aucun doute les mesures propres à fournir désormais aux eaux les
débouchés les plus larges pour éloigner ou amoindrir, autant que possible, des
malheurs que la prévoyance humaine ne peut pas complètement éviter. " ...Les
eaux de la fontaine de Calvas, démesurément grosses ont envahi ce matin
plusieurs rues du chemin d'Avignon et la route d ' A vignon près de l' octroi
.La circulation est interdite sur plusieurs points. La plaine du Vistre est
complètement inondée".(Extrait du Courrier du Gard)
-Le vendredi
3 Juin 1859, il réservait à notre ville un véritable: désastre .Vers huit
heures du matin, une trombe d'eau s'abattait sur Nîmes et son territoire,
principalement dans bas sin dont la route d'Uzès occupe le fond. Une masse
d'eau. qui fut évaluée à trente centimètres, tomba pendant heures et descendant
de toutes les collines environnantes, s'accumula à Calvas En un clin d'oeil, le
cadereau grossit démesurément et devint un véritable fleuve qui s'engouffra dans
le faubourg d'Uzès. Les maisons furent envahies par les eaux jusqu'à une hauteur
de un mètre et demi, et les rues se changèrent en torrents, charriant des troncs
d'arbre, des instruments oratoires des animaux domestiques. Trois personnes
surprises par l'inondation au chemin d'Uzés furent entraînées et roulées
jusqu'au chemin d'Avignon , mais les secours furent immédiatement organisés, et
on eut le bon heur de les retirer vivantes encore. Tout le monde s'y mit, la
garnison, les élèves de t'Assomption, de courageux citoyen dirigés les
autorités, se portèrent sur les lieux et eurent la bonne fortune de sauver tous
ces malheureux menacé de périr. Il n'y eut à déplorer aucune mort d'homme ",
etc... . (Extrait de A. Pieyre tome II page 293.)
-8 Octobre 1863. " La nuit dernière a été marquée par de fortes averses.
Aujourd'hui, les cataractes du ciel se sont déversées sur notre ville
accompagnées d'éclairs et de tonnerres. Nos rues ont été transformées en
torrents et dans plusieurs quartiers les eaux ont envahi les rez-de-chaussée et
pénétré dans les caves. Dans l'après-midi, un grand nombre de promeneurs se sont
rendu à la Fontaine pour voir bouillonner la source: il en est même qui ont
prolongé leur course jusqu'au caderau de la route d'Uzés, d'Alès ou de
Camplanier), dont les rives étonnées comme diraient les poètes, ont vu rouler
leurs flots écumants le temps est toujours à la pluie.. " (Extrait du Courrier
du Gard)
-9 Octobre 1863. " la trombe d'eau qui s'est abattue sur notre ville a
inondé principalement le faubourg nord-est, où se sont ,reproduits les mêmes
accidents qu'en 1859 les caves et rez-de-chaussée envahis, rues transformées en
torrents et pro fondement ravinées, murs de clôture démolis l'eau arrivait des
collines rocheuses qui dominent le faubourg d'Uzès, et aux torrents de pluie qui
déversaient toutes les pentes, se joignaient les eaux démesurément grosses de la
source dite de Calvas. Cette masse liquide, débouchant à la hauteur du jardin de
la Société d'Horticulture (actuellement École Normale et Caserne Militaire) l'a
envahie en renversant la muraille et traversant la route faute de trouver un
écoulement suffisant par le lit du cadereau, s'est précipitée dans les rues du
faubourg, celles de la Biche, Sully, et Catinat en particulier, dans lesquelles
a atteint une hauteur d'environ 0,90 m. En recherchant à se rendre compte des
causes d'un accident qui s'est renouvelé deux fois dans un laps de temps
relativement court, on a pu constater que le lit du cadereau autrefois assez
large pour absorber toutes les eaux de la colline est devenu insuffisant depuis
que la compagnie du chemin de fer en a fait voûter une partie. En se portant aux
deux extrémités de l'aqueduc, il était facile de voir que le débit ,n'était pas
en rapport avec la masse d'eau qui l'envahissait. Il est urgent de remédier au
plus tôt à un état de choses qui peut avoir les intérêts et la santé des
habitants d'un de nos quartiers les plus populeux des conséquence aussi
fâcheuses. La partie de la voie ferrée entre Nîmes et Montpellier où les
dommages sont considérable exige de longues réparations la quai Roussy est
littéralement sous les eaux (Extrait Courrier du Gard) -29 Octobre 1863 Une trombe d'eau s'abattit le
29 octobre sur le territoire et particulièrement dans la cuvette naturelle qui
porte le nom de font Calvas. Des dégâts purement matériels signalèrent le
passage des eaux dans le faubourg d'Uzés qui fut de nouveau transformé en
torrents impétueux. Mais toutes les précaution avaient été prises pour éviter
une catastrophe. (Extrait de A Pieyre tome II page 336) -Samedi 12 Septembre 1868 " Un épouvantable
orage se déchainait sur la ville transformant nos torrents en eaux furieuses,
les cadereaux d'Uzés et d'Alès subirent une crue formidable. Ce dernier grossi
encore par le tribut que lui apportent ces eaux par où s'échappe au moment des
fortes crues de la Fontaine le trop plein du réservoir souterrain de la source,
devint d'une violence A ce
moment, trois enfants, les nommés Drurie, l'aîné àgé de 16 ans et le plus jeune,
de 9.ans, se rendaient à un mazet où leurs parents les attendaient. Ils durent
traverser le torrent après le cimetière protestant : l'aîné tenta l'aventure en
portant le plus jeune sur ses épaules, mais ayant trébuché, il fut entraîné avec
son fardeau et les deux enfants périrent noyés. " (Extrait de A. Pieyre tome III
page 78.)
-12 Septembre 1868. ( Après une longue sécheresse, à cinq heures, les
premiers éclairs illuminent le couchant. Le vent souffle au marin. De six heures
à onze heures, la pluie est torrentielle. se prolongeant jusqu'à cinq heures le
lendemain . La
quantité d'eau tombée est très considérable Les torrents desséchés sont devenus
des rivières furieuses. Le cadereau d'Uzès est alimenté, en temps de fortes
pluies, non seulement par les eaux qui descendent sur les deux versants des
co1lines environnantes. mais encore par celles de la source de Calvas qui
devient parfois très abondante. Hier, le torrent n'a pas trouvé un débouché
suffisant aux ponts aqueducs qui passent sous la gare de marchandises et les
eaux se sont répandues dans les rues du faubourg d'Uzès furieux qui, venant de
nos boulevards, s'engouffrait sur l'ave nue Feuchères, La balustrade de pierre,
qui environne l'Esplanade. fut en partie renversée (Extrait de A. Pieyre tome
III p. 190.)
-6 Octobre 1892. " Dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 2 h 30 du matin, une trombe
épouvantable d'eau s'est abattue dans le quartier de la fontaine de Calvas et
sur le champ de tir de l'artillerie. En un clin d'a:il, la fontaine de Calvas et
le cadereau dans lequel sés eaux viennent se déverser, ont grossi démesurément
.. À cette quantité d'eau énorme, venaient s'ajouter les eaux pluviales des
collines voisines et le torrent ne tardait pas à envahir la route d'Uzès et les
propriétés riveraines, renversant les murs de clôture, ravageant les récoltes,
ravinant les terres. le torrent grossi sur son parcours par les eaux venant de
tous le côtés, coulait à pleins bords, tandis que les eaux du chemin d'Uzès,
formant rivière, s'avançaient rapidement. menaçant de tout engloutir sur leur
passage. Vers trois heures du matin, les habitants du quartier d'Uzès. notamment
ceux dont les maisons sont situées vers le pont du chemin de fer, furent
réveillés. Le cadereau de la route d'Alais a roulé un volume d'eau encore
plus considérable à cause du tribut que lui a apporté l'évent par où s'échappe,
au moment des fortes crues de la Fontaine, le trop plein des réservoirs
souterrains. Ne parlons pas de toutes les détériorations causées par la pluie
dans les propriétés rurales ou dans les maisons de la ville. Ce qui est plus
sérieux, ce sont les détériorations causées par les eaux à la voie du chemin de
fer entre Nîmes et Lunel. Les torrents descendus des collines sont devenus si
abondants et si impétueux, que le courant a surmonté les chaussées du chemin de
fer et enlevé une partie du ballast. En traversant le torrent après le cimetière
protestant, deux enfants périrent noyés. (Extrait du Courrier du
Gard.)
-9 Août 1873. .Les arbres de nos boulevards, de l'Esplanade, de la
Fontaine, souffrirent énormément, et plusieurs. à la Fontaine, furent déracinés.
Les baraques de la foire furent renversées, brisées et disjointes et les
malheureux forains, percés jusqu'aux os, virent leur marchandise emportée par un
torrent par le bruit de la pluie et constatèrent non sans épouvante. que leurs
demeures étaient inondées. l'eau avait entièrement envahi le rez-de-chaussée et
atteignait à cette heure le niveau de 1.30 m. Tous les rez-de-chaussée et les
caves des maisons du quartier du chemin d.Uzès. depuis le pont du chemin de fer
jusqu'à la place des casernes d'Infanterie. la rue Sully et les rues
transversales qui viennent aboutir au chemin d. Avignon et la rue Notre-Dame.
ont été envahis par les eaux. Il en été de même pour une partie de la rue
Notre-Dame et de la rue d'Avignon. Partout. l'inondation a fait des ravages et
ce sont des ménages pauvres. de petits boutiquiers. qui ont été le plus
éprouvés " (Extrait du Journal du Midi.)
-17 Octobre 1901. " la pluie qui n .a cessé de tomber sur notre ville
pendant la journée de jeudi et la nuit précédente a occasionné une forte crue de
la Fontaine" (Extrait Le Petit Méridional.)
-30 Août 1904. " le cadereau de la route d'Uzès ayant débordé. L'eau a
complètement envahi les rues situées de ce coté de la ville. la couche d'eau
atteignait et dépassait en certain endroits 80 cm. les caves ont été envahies
par les eaux. Plusieurs logement situés aux rez-de-chaussée ont été dévastés par
le courant qui charriait même des meubles. Le lit de la fontaine de Calvas.
transformé en un torrent furieux. a démoli un grand nombre de murs qui le
bordent depuis la source jusqu'au pont du chemin de fer. L eau trouvant un
passage insuffisant sous le ponceau. a envahi la route d'Uzès où elle s'élevait
de plus d'un mètre. Le sol de la rue Papin est recouverte d'une couche épaisse
de vase. Beaucoup de maisons, construite sur terre végétale ne peuvent
offrir une grande résistance à l'action des eaux. Le quartier de Font Chapelle a
été également très éprouvé et les eaux ont exercé aux environs de véritables
ravages. (Extrait du Petit Républicain du Midi) -9 Novembre 1907 " Les fortes pluies de la
nuits de vendredi à samedi ont encore une fois fait monter les eaux de la
Fontaine à son maximum. Les sources voisines ont également atteint le maximum
celle de la Gaffone par où surgit le trop plein de la Fontaine donnant en plein
de la façon la plus curieuse. L'eau jaillissait de toutes failles du rocher et
formait ensuite une véritable petite rivière qui allait grossir le cadereau de
la route d'Alais " (Extrait
Le Petit Méridional.) -25 Juin 1915 " La trombe
d'eau est tombée principalement sur la région nord de la ville, mais cette fois
il y a eu cette particularité que la chute d'eau a été à peu près aussi
considérable dans la région du cadereau d'Alais que dans celle du cadereau
d'Uzès. Le volume d'eau ou la violence de la chute a envahi les grandes artères
accédant à la ville et cela avec une rapidité si grande que ceux qui ont été
surpris par les eaux ont eu de la peine à éviter d'être entraînés. Aux Trois
Ponts, les ravages de l'eau ont été très violents on pouvait voir des murs
entiers renversés d'un seul bloc. A partir de cet endroit la masse d'eau a
produit des dégâts le long du lit du cadereau où la plus-part des murs ont été
démolis et sur la route d'Uzès qui a été ravinée et décharnée sur une grande
longueur. En face de la caserne d'Artillerie l'eau s'élevait à 1 mètre aux
rez-de-chaussée.... Au cadereau d'Alais, la trombe d'eau a atteint le niveau du
pont traversant l'avenue de la plate forme (rue F. Roosevelt) et bien que le
pont ait une hauteur de quatre mètres a débordé sur la route descendant cette
avenue puis le quai de la Fontaine. La masse d'eau passant sous le pont du
cadereau a suivit le lit de ce torrent, démolissant grand nombre de murs
riverains. Au pont de l'Abattoir la masse d'eau ne pouvant s'engouffrer sous la
voute a débordé sur le chemin atteignant bientôt une hauteur énorme. Les
rez-de-chaussée du quai du cadereau ont été envahis et on eu à souffrir de
grands dégâts (Extrait de l'Éclair) -17 Octobre 1920 " Un orage
d'une extrême violence et comme il y a longtemps qu'on n'en avait vu de pareil
s'est abattu sur notre ville dimanche après-midi, vers quatre heures et jusqu'à
sept heures et demi sans interruption. Pluie et tonnerre ont fait rage. Toutes
les rues et places étaient transformées en rivières et dans les voies
descendante des hauts quartiers c'étaient de vrais torrents qui creusaient la
chaussée. Certains quartiers ont été complètement inondés. Celui située derrière
le bas du boulevard de la République où la trombe d'eau a démoli la plupart des
murs des propriétés. La voie ferrée a été coupée en trois endroits par les eaux
de Nîmes et Bernis. La Fontaine est en crue constante atteignant presque la
voûte des ponts des quais " (Extrait de l'Éclair) -10
Septembre 1931. " Il y a longtemps que pareille chute d'eau n 'avait été
enregistrée dans notre siècle- Toute circulation fut momentanément interdite
durant le gros de l'orage qui transformait nos artères en rivières. certains
carrefours en lacs et les rues des hauts quartiers en torrents impétueux- On
signale de nombreuses rues et routes ravinées des caves et des magasins en
contre-bas inondée Dans la plaines. Le Vistre a débordé Quant à la Fontaine elle
coule majestueusement. à pleins bords atteignant la clef de voûte des arches "
(Extrait de l'Éclair)
-8 Septembre 1938. " Après une première ondée tombée au cours de la
nuit" un violent orage" accompagné de nombreux éclairs et coups de tonnerre a
fait son apparition vers 9h45 et dura jusqu'à 13h. En un clin d'oeil les rues
furent transformées en ruisseaux et les artères des hauts quartiers en torrents
rendant la circulation impraticable à certains carrefours. Des caves furent
inondées et de nombreux chemins ravinés. Le Vistre déborde dans la
plaine Les cadereaux d"Alais et d'Uzès coule à plein bords faisant
concurrence à la Fontaine qui charrie des eaux boueuses et coule impétueusement
à la grande joie des curieux "(Extrait de l'Éclair) -5 et 6 Novembre 1963 "
Un véritable déluge s'est abattu sur Nîmes à partir de 18h hier n'a cessé
d'empirer jusqu'a la fin de la soirée. Vers 19 h30 la situation commença à
devenir dramatique et les sapeurs pompiers qui avaient déjà reçu plus d'une
centaine d'appels (parmi lesquels de véritables appels de détresse ne savaient
plus où donner de la tête. Leur tache était d'autant plus difficile que sur 300
mètres. Le boulevard Sergent Triaire à hauteur de leur caserne était transformé
en un véritable fleuve. De la route d'Uzés, de la route d'Alés du quai du
cadereau qui prenait les apparences d'un torrent impétueux, du quartier de
Calvas, de l'avenue F. Roosevelt etc... parvenaient des coups de téléphone,
lancés par des nîmois qui voyaient avec effarement leur toiture s'effondrer,
leur cave inondée:, leur magasin envahi par les eaux. On enregistre 1,50 m d'eau au
carrefour route d'Alès route de Sauve 1 m au bas du chemin de la Cigale.
A 23 h 40, la tourmente: fait sa
première: victime dans la région nîmoise en effet, les sapeurs pompiers qui
s'étaient portés au secours de trois personnes en
détresse en bordure du lit du cadereau derrière le cimetière protestant, n'ont
pu sauver que deux d’entre elles, M. Antoine léonardi et Mme Yolande
léonardi Un nord-africain nommé Ahmed,
âgé de cinquante ans environ qui se trouvait avec eux est mort noyé. À 0 h 23,
on signalait que la voie ferrée Nimes-Montpellier est coupée à hauteur de
Bernis.la station météorologique de Nimes-Courbessac révélait que de l5 h à 24
h, 110 mm d’eau ont été enregistrés au pluviomètre " (Extrait du Midi Libre 6
novembre 1963.)
-26 Octobre 1977. " Nîmes n'a pas été épargnée par le déluge Au cours de
cette nuit dantesque durant laquelle la moindre ruelle: était transformée en
torrent impétueux, les eaux du canal de la Fontaine ont provoqué elles aussi des inquiétudes.
À un certain moment. elles ont
franchi le parapet, non loin du square Antonin ce qui ne s'était pas
produit depuis des dizaines d’années Il
a fallu désobstruer un pont des branches et autres détritus l.’encombrant Sur la route d' Arles, le moulin Gazay. était
entouré d’eau comme le
supermarché Montlaur et de nombreuses villas .Le vistre était également sorti de
son lit dans cette partit de la banlieue nîmoise " (Extrait du Midi Libre 28
octobre 1977.) -26-27
Août 1987 " On n’avait pas vu ça depuis 50 ans . En quelques heures il est
tombé sur le sud du département le quart des précipitation annuelle. A Nîmes la
Fontaine a pris du volume en quelque minutes et le Vistre s’est pris tout à coup
pour un grand fleuve " (Extrait du Midi Libre 29 Aout
1987.) -3 Octobre 1988 9
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