Roca-Fortis au fil du temps

 

Avertissement aux lecteurs : Ceci est un document référence, point de verbes et de belles phrases vides de renseignements. Seulement une suite de faits complétés par un minimum de textes explicatifs.

Ce document est réalisé en collaboration avec l’association « Aïgo I Font »

 

Les travaux du TGV ont mis à jour, au niveau de la grange des Merveilles située dans la commune de Rochefort, des traces d’habitat datées de plus de 11000 ans, cela faisait plus de 50 ans que les scientifiques n’avaient pas découvert, dans la régions, des traces de vie humaines aussi anciennes. Côté historique les connaissances actuelles sur la vie à Rochefort débutent à l’époque de Charlemagne, le premier grand personnage à s’intéresser à notre village sera Guillaume d’orange.

Les gens, à l’époque, ne portaient pas de nom de famille, pour les différencier on leur donnait des pseudonymes, Guillaume en aura plusieurs, Guillaume de Toulouse, Guillaume le grand, Guillaume au courb-nez, (il aura le nez coupé par l’épée d’un Sarrazin dans un combat singulier sous les remparts de Rome) et enfin St Guillem, il sera le fondateur de St Guillem le désert, monastère où il finira sa vie après avoir reçu la tonsure de moine.

La mémoire de ce personnage mythique, fondateur de Notre Dame de Rochefort sera perpétuée par les troubadours qui en feront une chanson de geste, « le cycle de Guillaume d’Orange » (tout comme Rolland, autre compagnon de Charlemagne, avec la chanson de Rolland)

L’histoire de Rochefort côtoie aussi la grande histoire ! ! !

 

Déclinaisons du nom de Rochefort

Origine dictionnaire topographique Germer Durand, 1868

ROCA-FORTIS apparaît pour la première fois, dans le cartulaire de Franquevaux en 1169, c’est la première déclinaison du nom d’un lieu fortifié, devenu aujourd’hui : ROCHEFORT DU GARD.

- Roca-Fortis, 1169 (cartulaire de Franquevaux).

- B., prior Rupis-Fortis, 1292 (Ménard I, preuves page 117, colonne 1)

- Castrum de Rupe-Forti, 1312 (archives communales de Valliguière)

- Terra et baronia Ruppis-Fortis, 1329 (archives communales de Valliguière.)

- Locus de Ruppe-Forti, 1384 (dénombrement de la sénéchaussée.)

-Rochefort, 1551 (archives départementales du Gard C. 1331)

- Le prieuré de Roquefort, 1620 (insinuations ecclésiastique du diocèse d'Uzès)

- La communauté de Rochefort, 1633 (archives départementales du gard C. 1296)

- La communauté de Rochefort, 1736 (archives départementales du gard. C. 1307)

- Podium-Raynaudi ; Pech-Reynaud ; Notre-Dame-de-Grâce ; Notre-Dame de Roque-Vermeille (Dom Chantelou, Historia monasterii Beatœ-Mariœ de Rupe Forti)

 

- Rochefort du Gard, 1890, (Afin d’éviter toute confusion dans la transmission des dépêches télégraphiques dans la commune avec les autres localités portant le nom de Rochefort, le conseil est d’avis : d’ajouter au nom de Rochefort le dénominatif de « du Gard » en sorte que la dénomination officielle de la commune serait Rochefort du Gard)

 

- Les armoiries de la commune de Rochefort sont : d'azur, à une bande losangée d'or et de gueules.

 

Histoire de Rochefort

des origines à la révolution

Avant le Xe siècle, représentons-nous la vie locale comme essentiellement centrée sur un grand domaine (approximativement le canton de Villeneuve) canto et la villæ (probablement Tavel), survivances socio-économiques d'importance. Ce monde rural est menacé par la mise en place de la seigneurie. Au cours des siècles qui suivent la romanité, et cela jusqu’à la révolution, la terre et les habitants de Roca-Fortis auront une tutelle seigneuriale de plus en plus présente.

Le but de ce chapitre et de vous présenter l’évolution de la pression du droit seigneurial, qui au début, s’il reste lointain et discret, deviendra au fil des siècles de plus en plus présent et contraignant.

Au début de l’histoire de Rochefort, point de seigneurs locaux, seulement un souverain régional, le pouvoir local après les invasions barbares sera détenu par les religieux qui progressivement seront écartés du pouvoir dit temporel. Les détails de la mise en place du pouvoir, (droit régalien) de la période Romaine aux comtes de Toulouse reste, pour l’heure, une énigme.

Une partie de l’énigme est résolue, en 585, Nicétius duc d’Auvergne, reçoit en charge le commandement du pays d’Uzès, cette région était précédemment sous contrôle du préfet ou duc de Marseille ou de Provence.

 

Le Fief : On entend par ce mot tout héritage que l'on tient à foi et hommage : on entend aussi la terre d'un Seigneur, ou l'étendue du Fief dont relèvent d'autres Fiefs et Censives. Il est appelé Fief, à fide, car dans la première institution la foi ou la fidélité étoit la seule condition de l'investiture et la seule obligation que le Seigneur imposait à son Vassal.

Originairement les Fiefs n'étoient que des concessions à vie : depuis qu'ils sont devenus héréditaires, les Coutumes pour indemniser les Seigneurs, ont établi en leur faveur des droits utiles, outre les droits honorables. Les droits honorables de Seigneurs de Fief, sont la foi et hommage, l'aveu et le dénombrement. Les droits utiles sont le relief & le droit de retrait féodal, le droit de quint et requint, le droit de commise, le droit d'empêcher le démembrement de Fief, d'empêcher la prescription de la féodalité ; le droit d'indemnité sur les gens de mainmorte, le privilège sur le Fief du Vassal pour les profits échus, le droit d'avoir colombier à pied et à boulins.

Ouverture de Fief. L'ouverture de Fief a lieu ;

1° - quand il y a mutation de Vassal, et que le nouveau possesseur n'a pas encore été investi par le Seigneur ;

2° - lorsque le Vassal n'a pas été reçu en foi par le nouveau Seigneur ;

3° - quand le Seigneur de Fief n'a point d'homme, c'est-à-dire, quand l'Acquéreur d'un Fief, à quelque titre que ce soit, ne fait point la foi et hommage, à compter du jour de son acquisition ; en ce cas le Fief est ouvert, et le Seigneur peut saisir le Fief et faire les fruits siens.

Démembrement & division de Fief : Il a lieu quand le Vassal vend des dépendances de son Fief sans retenir aucun droit Seigneurial, ni aucune supériorité sur la chose aliénée, ou lorsqu'il remet à ses Vassaux qui possèdent les arrière-Fiefs, ou à ceux qui possèdent des Censives dans sa mouvance, le droit qu'il a sur eux ; ou qu'il leur permet de les posséder en franc-alleu : or, c'est un des droits du Seigneur dominant d'empêcher un Vassal de faire un tel démembrement du Fief, parce qu'il n'auroit plus d'homme qui lui put faire la foi des choses ainsi démembrées. Le Seigneur peut pareillement empêcher le Vassal de diviser son Fief, en sorte que d'un il en fasse plusieurs, à moins qu'il ne conserve la foi entière, et quelque droit Seigneurial sur ce qu'il aliène.

 

 

Les seigneurs de l’Uzège

 

Pépin le Bref reconquit la Septimanie en 759. Uzès, était alors la plus petite capitale (Uzège) de la Septimanie. Le territoire du futur Rochefort était compris dans l’uzège

Bernard de Septimanie, (802-844), comte de Barcelone, duc de Septimanie, Bernard épousera la princesse Dhuoda à Aix la Chapelle en 824, Bernard de Septimanie était le fils de Guillaume (Guillem) de Toulouse, compagnon de Charlemagne au même titre que Roland, fondateur de St Guillem le désert et aussi de nombreux édifices religieux dédiés à Marie, exemple Notre Dame de Grâce de Rochefort du Gard.

Guillem, compagnon de Charlemagne est le héro du « Charroi de Nimes » inspiré d'une chanson de geste, cette Chanson dont l'héroïne est la cité de Nîmes. Au Moyen Age, elle était aussi célèbre que la Chanson de Roland. Les universités dans le monde continuent à l'étudier... mais les gardois l'ont oubliée.

 

La Princesse Dhuoda

Vers le milieu du IX° siècle, dans les premières années du règne de Charles le Chauve, vivait à Uzès une princesse exilée dans cette ville par son mari. C'était Dhuoda, femme de Bernard, comte de Barcelone, duc de Septimanie. Pour être plus libre dans ses intrigues, il avait éloigné de lui Dhuoda son épouse sur le point d'être mère pour la seconde fois, lui prescrivant de se rendre à Uzès, la plus petite des capitales de Septimanie, et d'y demeurer à l'avenir sous la surveillance de l'évêque Elefant.

Tristement résignée, l'infortunée princesse depuis longtemps fiée sur les sentiments d'un mari si peu fidèle pour qui néanmoins, elle avait une affection pleine de déférence, avait quitté Narbonne et pris la route d'Uzès. Ce fut dans cette ville qu'elle accoucha d'un fils le 22 Mars 841. Heureuse de cette seconde maternité elle dépêcha vers Bernard alors en Aquitaine avec son fils aîné Guillaume, un courrier porteur d'un message affectueux. En réponse, Bernard, brutalement, ordonna qu'on lui amenât l'enfant sans attendre qu'il fût baptisé, lui seul voulant présider au choix de son nom. Il chargea l'évêque Elefant, sa créature, de le lui conduire.

Pour vaincre la tristesse de son exil et ne pas laisser inemployée toute cette tendresse maternelle dont son cœur débordait, elle entreprit de rédiger un traité d'éducation destiné à son fils aîné, Guillaume, le jeune seigneur de quinze ans dont elle était si fière et qui se trouvait avec son père à Cour du roi Charles.

C’est le célèbre Manuel de Dhuoda, premier livre d’éducation connu de l’histoire.

 

Sunifred succédera en 844 à Bernard dans le duché de Septimanie sous le titre de marquis de Gothie. Les marquis de Gothie successeurs de Sunifred gouvernèrent jusqu'en 865 la Septimanie.

 

Sunifred nommé marquis de Gothie à la place de Bernard. (844)

Le marquis Sunifred étoit alors, à ce qu'on prétend, gouverneur de la Septimanie sous le titre de marquis de Gothie, ce qui est assez vraisemblable. Il devoit avoir déjà succédé par conséquent dans ce gouvernement, au duc Bernard, et en avoit été peut-être pourvu depuis la révolte de ce seigneur contre Charles le Chauve, ou du moins depuis sa mort qui arriva avant le mois de Juillet de la même année. Nous croions que Sunifred est le même que le comte d'Urgel de ce nom qui vivoit en 819 et qui ne paroit pas différent de Sunifred fils du comte Borrel, à qui Louis le Débonnaire donna en 829 le lieu de Fontcouverte dans la Septimanie. Nous croions que c'est de ce Sunifred que les comtes héréditaires de Barcelonne tirent leur origine, et qu'il étoit proche parent et de la famille de Bernard duc de Septimanie..

 

Rochefort appartiendra successivement à plusieurs familles, la maison de Rouergue et ensuite les Comtes de Toulouse.

 

Guillaume IV, devient Comte de Toulouse en 1061. Fils de Pons lll, bien que le comté ne soit pas héréditaire, il succèdera à son père.  En 1066, suite à l’extinction de la maison de Rouergue, il prend possession du diocèse d’Uzès qui comprend la terre, qui deviendra plus tard, la seigneurie de Rochefort. Une preuve existe sur cette possession, sa donation au monastère de St André,  du droit de pêche sur l’étang et terres attenantes. Nous recueillerons plus de détails sur la confirmation de cette même donation faite par son frère qui lui succèdera en 1088. Cette donation se limite à l’usufruit, (la confirmation de cette donation à chaque génération des comtes de Toulouse nous le confirme) le comté conserve tous ses droits et le titre de comte devenant héréditaire à partir de Raymond IV, le comté deviendra la propriété de ses seigneurs.

 

Raymond IV (1042-1105) fils de Pons III, comte de Toulouse 1088-1105, Il succède à son frère, Guillaume IV décédé en 1088 et devient Comte de Toulouse. Il s'est marié avec sa cousine qui était fille du Comte de Provence qui s'appelait Bertrand. Il était batailleur comme beaucoup de seigneurs. On pense qu'il a refusé de se battre contre les Normands, et pour le punir le pape Grégoire VII l'a excommunié, c'est à dire qu'il lui a interdit de recevoir la communion dans toutes les églises. Parti en croisade pour se racheter, il meurt en 1105 au siège de Tripoli après avoir légué ses états de Palestine à son neveu, Guillaume-Jourdain.

Par la charte de 1088, Raymond IV, (comte de Toulouse de 1088 à 1105) confirme la donation que son frère Guillaume IV (comte de Toulouse de 1061 à 1088) a faite au monastère de Saint André, elle porte, entr’autres choses, sur les limites des terres données aux religieux, et sur leurs droits de pêche dans l’étang :

« Et ex illa roca (aquileria), usque ad ripam stagni de Privaderiis ; et per medium ipsius stagni transeundo, terminantur ultra ad caput de nemore de Manica.

In toto autem illo stagno dono et laudo Deo et Sancto Andreœ piscare cum duabus naviculis ipsius monasterii, et cum duabus naviculis de Angulis ; et quicumqur homines ibi piscaverint, in omnibus septimanie omnium annorum, in unaquaque die, quam magis voluerint, omnes pisces captos ibi a piscatoribus habeant in perpetuum. »

Les historiens, Germer-Durand et Dom Chantelou, nous précisent que le nom de Privaderiis cité dans cette donation et bien celui de l’étang. A cette époque, il n’était pas découpé administrativement. (en 1712, les experts déclarent qu’ils n’ont trouvé aucune limite, l’acte de plantement des bornes, entre Pujaut et Rochefort, fut passé à Saint Anthelme, le 13 Avril 1737). Privaderiis, ce nom latin pourrait être d’origine Gallo-romaine, et bien sur, ce n’est qu’une hypothèse, celui de la grande propriété Gallo-romaine qui couvrait le territoire actuel des localités, Pujaut, Saze, Rochefort, Tavel…

Quand un père Mariste de Notre Dame, dans un livre écrit en 1861, nous donne cette indication « l’ancien village, appelé probablement Privaderia, le nom de l’étang », il tire là, une conclusion qui n’engage que lui.

Ce livre nous donne quelques détails intéressants, mais sa foi prend trop souvent le pas sur une rigueur d’historien, de plus sa documentation reste approximative.

Voici deux exemples, dans la même page il nous écrit :

« en 1075, Raymond II donna de vastes propriétés… ». Raymond II vivait entre 861 et 923 et à cette époque le comte de Toulouse était Guillaume IV, plus loin :

« en 1088  par Raymond III, le même qui, en partant pour la première fois aux croisades… ». Il s’agit là de Raymond IV, frère et successeur de Guillaume IV, comte de Toulouse de 1088 à 1105 !!!

 

Le mariage mystique de Raymond (Ramoun) de Saint-Gilles, comte de Toulouse avec la cathédrale de Nîmes.

L'établissement de la vie commune et régulière du chapitre de Nimes, sous la règle de saint Augustin, avait nécessité l'agrandissement de l'Eglise. Le cloître et ses dépendances, y compris la demeure épiscopale, occupaient un vaste espace. Plusieurs oratoires ou petits sanctuaires particuliers furent confondus et réunis dans le vaisseau agrandi de l'Eglise nouvelle, qui conserva encore, ainsi qu'il fuit constaté au XVIe siècle, plusieurs arceaux de construction romaine el, des mosaïques décorées de feuillages et d'oiseau.

La nouvelle église était à peine achevée que le pape Urbain II, venu en France pour y prêcher la croisade au concile de Clermont, s'arrêta dans l'ancienne cité romaine et dans notre église pour sacrer solennellement son évêque élu. Une gloire plus grande encore était réservée à notre église, au 5 juillet suivant.

Le Souverain Pontife vient y tenir un concile en 1096, et procéder à la majestueuse cérémonie de la consécration du temple nouveau.

Le concile, en présence duquel eut lieu cette fonction papale, comptait dans son sein sept cardinaux, douze archevêques, dont quatre primats, et quatre-vingts évêques ou abbés mitrés.

Dans le cours de cette imposante cérémonie et lorsque, selon l'usage, le pontife consécrateur, assis à la porte de la basilique, demanda quels étaient les biens et les revenus assignés à la nouvelle église pour y garantir la perpétuité du service divin, le comte de Toulouse, le fameux Raymond de St-Gilles, chef des croisés, se présenta et, entre les mains du pontife, investit l'Eglise de Nimes, comme sa fiancée, par le bail de l'anneau, des domaines qu'il lui concédait pour sa dot.

L'Eglise de Nîmes n'oublia jamais cette alliance contractée au pied des autels par le gage symbolique de l'anneau nuptial. Une inscription, dont nous parlerons plus tard, consacra son souvenir et sa reconnaissance.

L'Eglise de Nîmes, à dater de ce moment, prend dans ses actes extérieurs les armes de son époux. Son chapitre porte, comme les comtes de Toulouse, des gueules à la croix d'or vidée, cléchée, et pommetée; c'était l'insigne des croisades, l'étendard que Raymond de Saint-Gilles avait arboré de ses mains sur les murs d'Ascalon.

Nous ne parlerons pas des actes du concile de Nimes; il nous suffit de dire que l'on y termina plusieurs différends, qu'on y confirma les canons publiés dans le concile de Clermont, notamment en ce qui touchait l'excommunication encourue par ceux qui contractent mariage au mépris de liens antérieurs, allusion aux censures encourues par le roi Philippe, on y réfute l'opinion que les moines, réputés morts au monde, ne peuvent remplir le ministère sacerdotal.

Raymond IV de St Gilles

A partir de 1088, suit de très près les questions rhodaniennes, comme le prouve ses passages à Saint-Gilles (*), à Nîmes, à Avignon, ainsi que ses diplômes en faveur des cabbayes de Psalmodi, de Saint André d'Avignon, de Saint Gilles, de Saint Victor de Marseille, auprès desquelles il espère sans doute trouver d'utiles appuis.

Mais, pas plus que son fils aîné Bertrand, il n'arrive à fixer les grandes lignes d’une action continue, tous deux se laissent en effet entraîner successivement dans la croisade orientale à laquelle ils consacrent la plus grande partie de leurs forces et de leurs revenus, et ils meurent en Palestine à quelques années de distance, Raymond en 1105, Bertrand vers 1112.

NOTA : En 1096, il est tenu un concile à Nîmes, le Pape Urbain II, retournant à Rome, après la célébration du Concile de Clermont, assembla un autre Concile à Nîmes, dont on nous a donné depuis vingt canons.

Note aux lecteurs du « Batelier de Notre-Dame de Rochefort », l’évènement de Nîmes décrit est réel, c’est le concile de 1096, mais ce n’est qu’un roman, pas un document historique, il est tout de même intéressant, avec une excellente description de la vie à Rochefort au XIe siècle.

Ce livre est vendu par l’association l’Aïgo I Font

 

Bertrand, (1066-1112), comte de Toulouse de 1105 à 1112, fils de Raymond IV, comte de Toulouse et duc de Septimanie et marquis de Provence, comte de Rouergue, comte de Quercy, comte de Nîmes, comte d'Albi et comte du Gévaudan 1105-1112, comte de Tripoli 1109-1112. Bertrand laisse le comté de Toulouse à son frère Alphonse-Jourdain lors de son départ en croisade.

Alphonse 1er Jourdain, (1103-1148) Comte de Toulouse de 1112 à 1148, Fils de Raymond IV et Elvire de Castille. On l'appela Alphonse en mémoire du roi de Castille son aïeul, et Jourdain car il reçut le baptême dans les eaux du fleuve Jourdain.

(Alphonse Jourdain a succédé à Bertrand sur le comté de Toulouse. Alphonse Jourdain fut aussi comte de Saint-Gilles. A sa mort Alphonse II fut rapidement remplacé par Raymond V (1148-1194). Alphonse Jourdain qui était le fils de Raymond IV de Saint -Gilles voulut reconquérir le comté de Tripoli sur Guillaume II (1137-1152), son neveu, petit-fils de Bertrand, demi-frère d'Alphonse. Alphonse trouva la mort en 1148 à Césarée du Liban lors de la deuxième Croisade (1147-1149) .)

Raymond V, (1134 - 1194) Comte de Toulouse de 1148 à 1194. Fils d'Alphonse-Jourdain, il épousa Constance, sur ordre du roi de France Louis Vll. C’est sous Raymond V, en 1169, que l’on voit apparaître pour la première fois le nom de Roca-Fortis dans le cartulaire de Franquevaux

Raymond Vl, (1156-1222) Comte de Toulouse de 1194 à 1222. Fils de Raymond V et de Constance, dit Le Vieux. Il épousa en troisième noce Jeanne, soeur de Richard Coeur de Lion, veuve de Guillaume ll Roi de Sicile.

 

Donation des Comtes Raymond V et VI

En l'année 1171, Raymond V céda aux habitants de Rochefort l'étang de la localité, moyennant la somme une fois payée de cinq cents sous Raymundens (habui de vobis quîngenta Raymundenses) et un cens annuel de douze deniers pour chaque bateau. Les comtes de Toulouse exerçaient à cette époque les droits régaliens.

Raymond VI, duc de Narbonne, comte de Toulouse, marquis de Provence et seigneur de Rochefort, fils de la reine Constance, ratifia l'acte de son père par une charte de 1198. L'acte de confirmation contint en même temps, en faveur des habitants, la donation de tout ce que ses prédécesseurs avaient possédé dans le territoire, La redevance nouvelle, imposée à raison de cette seconde concession, s'éleva à onze livres melgoriennes, trois muids d'avoine et deux lièvres.

Raymond VII succéda à Raymond VI, et conclut avec le roi saint Louis et le pape un traité de paix, en date du mois d'avril 1228. Le comte de Toulouse abandonna au roi de France tous ses domaines de la rive droite du Rhône. L'acte fin cimenté par l'alliance de Jeanne, fille de Raymond, avec Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint  Louis.

La traduction du texte de la Donation (un exemplaire en latin se trouve à la Mairie)

Au nom de Notre Seigneur Jésus Christ, l’an de son incarnation mil cent nonante huit (1198), moi, Raymond par la grâce de Dieu, Duc de Narbonne, Comte de Toulouse, Marquis de Provence, fils de la reine Constance. Pour moi, pour mes successeurs je concède à perpétuité et par cette charte j’octroie à vous tous prud’hommes, cultivateurs, habitants présents ou futurs de Rochefort et à tous vos successeurs, savoir :

Tout ce que mes prédécesseurs ont tenu et possédé et tout pour avoir, tenir et posséder dans le territoire de Rochefort, constituant en terrains cultivés ou incultes, en forêts et pâturages et enfin toutes mes possessions de quelque nature qu’elles soient ou puissent être.

Je vous donne pareillement, l’étang entier de Rochefort avec toutes ses dépendances, comme le seigneur, mon père, vous l’a déjà donné et octroyé plus formellement et avec plus de plénitude.

A la condition que vous donnerez à moi ou à mes représentants pour chaque barque, quelle qu’elle soit douze deniers melgoriens, et pour les autres donations l’étang excepté, vous me donnerez à moi ou à mes délégués, à titre de redevance, toutes les années onze livres melgoriennes, trois muids d’avoine et deux lièvres pour la Noël.

Et pour toutes ces choses, j’ai eu et reçu de vous, dix sols, neuf deniers des nouveaux.

Pour que cette donation demeure ferme et stable entre vous et les vôtres, à perpétuité, nous ordonnons que la présente charte soit confirmée par notre sceau.

Et moi, A. de Nove, juge et chancelier de Monseigneur Raimond, par la grâce de Dieu, duc de Narbonne Comte de Toulouse, Marquis de Provence, j’ai signé par ordre du dit Seigneur Comte et scellé la présente, extraite de l’original et j’y ai apposé mon seing.

Seigneur Jésus-Christ, mettez mes voies sous votre garde, afin que je ne pêche pas par ma langue. Jésus-Christ, mettez mes voies sous votre garde, afin que je ne pêche pas par ma langue.

 

Raymond Vll, (1197-1249) Comte de Toulouse de 1222 à 1249, fils de Raymond Vl, fut marié à 14 ans à Sancie, soeur de Pierre Roi d'Aragon. Durant son règne, en 1229, il dut subir l'inquisition contre les Cathares.

Les comtes de Toulouse possédèrent Rochefort jusqu’en 1228. A cette époque, Raimond VII accepta la paix que la reine Blanche lui offrit par l’entremise du Comte de Champagne, et cette partie du Languedoc fut réunie au domaine royal par le traité de Paris.

 

 Le traité de Paris

Le 12 avril 1229, Raymond VII signa un traité à Paris par lequel il perdait la moitié de son héritage, cédait au Roi en pleine propriété les quatre vicomtés Trencavel, le Duché de Narbonne et le Marquisat de Provence.

Le Roi lui laissait en usufruit un Comté de Toulouse (réduit aux dimensions d'un diocèse et amputé de Mirepoix), l'Agenais, le Rouergue, L'albigeois en deçà du Tarn et le Quercy (sauf Cahors).Ses héritiers étaient exclus de la succession à l'exception de sa fille Jeanne qui épouserait un des frères de Louis IX.

Si celle ci décédait sans enfant, le "Comté" reviendrait directement à la Couronne.

De plus, la plupart de ses forteresses étaient démantelées, il devait entretenir des garnisons royales dans celles qui restaient (dont Toulouse) durant dix ans et payer une indemnité de 27000 marcs d'argent sur quatre ans.

Raymond VII tenta bien quelque fois encore de se révolter mais sans succès hélas.

Il ne put empêcher le mariage de sa fille Jeanne avec Alphonse, frère de Louis IX et futur comte de Poitiers en 1241.

Après Montségur, il obtint (enfin !) la levée de son excommunication et reprit en main le gouvernement de son "Comté" redevenant très partiellement indépendant.

Il multiplia les démarches pour se remarier et tenter d'avoir un héritier mâle, espérant ainsi pouvoir briser le traité de Paris, mais sans succès.

N'ayant protégé les cathares que dans le sens où leur cause se confondait avec celle de l'indépendance occitane, il coopéra alors avec l'église et était sur le point de rejoindre la 7ème Croisade quand il mourut le 27 septembre 1249.

Cette date marque la fin de l'Etat occitan car Blanche de Castille prit possession au nom de Jeanne de Toulouse, sa belle fille, du Comté sans qu'aucune opposition ne se fasse entendre.

 

Trois rois furent seigneurs de Rochefort :

- Louis IX ou Saint Louis

Cette époque fut une ère de bonheur et de prospérité pour les habitants.

La reconnaissance ou hommage rendu à la date de 1261 au roi Saint Louis alors seigneur de Rochefort de la part des habitants, énumérait les diverses redevances dont ils étaient tenues envers le roi, savoir :

onze livres melgoriennes (valent chacune 1F50), deux lièvres, trois muids d’avoine, une charge de bois (3 quintaux) pour chaque habitant ayant bête à bat, 12H1O sols tournois d’albergue, 12 deniers melgoriens pour chaque bateau de pêche de l’étang et une livre de poivre à Pâques, le tout payable annuellement.(1)

(1) Cet hommage fut renouvelé en 1339. Il fut dit que le seigneur recevrait cent dix salmées de terre à l’étang en cas de dessèchement, qu’il aurait le droit du 20e et du 7e dans l’autre

 

Rappel, en 1198, Raymond VI donnait aux habitants de Rochefort, à perpétuité, toute la partie de l'étang voisine de leur village, avec des terres environnantes, notamment les vastes forêts qui appartiennent encore aujourd'hui à la commune ; donation qui frustrait l'abbaye de Saint-André et le monastère de Notre-Dame de la possession de plusieurs terres, et de leur droit de pêche dans cette partie de l'étang.

Les Bénédictins réclamèrent, et firent valoir les chartes antérieures ; mais les consuls de Rochefort, s'appuyant sur l'acte de Raymond VI, refusèrent de rendre les propriétés et défendirent aux moines de ne prendre aucun poisson dans les eaux de la localité. Deux papes intervinrent en cette circonstance, pour protéger les droits lésés des religieux ; ce fut en vain. Justice ne fut faite que quand le pays passa sous la domination de Louis IX.

C'est en 1229 que Raymond VII fit cession à la France de tous les domaines du comté de Toulouse situes sur la rive droite du Rhône. Alors l'abbé de Saint-André profita des circonstances pour terminer la dispute. II recourut à l'arbitrage de Pierre de Alhies, sénéchal pour le roi de Beaucaire et de Nimes.

Pierre de Alhies, ayant examiné mûrement l'affaire la termina par sentence du 28 février 1238 Les limites des terres appartenant au monastère furent reconnues et fixées définitivement, telles que les religieux les avaient toujours réclamées. Quant au droit de pèche, il fut statué d'une part, que les habitants du village pourraient prendre du poisson dans la partie de leurs eaux possédées par Saint-André, mais à la condition que les Bénédictins jouiraient trois fois l'an pendant le carême, de la levée entière des filets, aux jours de leur choix, et à trois différentes semaines. D’autre part, les moines furent autorisés à avoir perpétuellement une barque et à pêcher dans tout l'étang de Rochefort, et de plus, quand il se desséchait, à faire paître leurs troupeaux dans leurs terres, jusqu'aux limites assignées à l'abbaye.

Louis IX était devenu le seigneur du pays, à la place des comtes de Toulouse ; dès lors le village de Rochefort eut ses lieutenants et ses notaires royaux.

Dans ce jugement, le roi Louis IX, maintient l’essentiel de la donation du comte de Toulouse, ce dernier a donc forcé le destin en mettant fin à une injustice qui attribuait tous les revenus fonciers à une poignée de religieux célibataires, au détriment de familles avec femmes et enfants.

- Philippe III le Hardi, né à Poissy, 1245-1285

Roi de France de 1270 à 1285, fils et successeur de St Louis.

- Philippe IV le Bel, Roi de France de 1285 à 1314

C’est sous ce roi que le Pape Clément V, ancien archevêque de Bordeaux, s'établit à Avignon en 1309, ses successeurs y resteront jusqu'en 1376. Philippe le Bel qui est toujours à cours d’argent, va intenter un procès en sorcellerie aux templiers. Le 10 octobre 1307, tous les Templiers du royaume sont arrêtés, Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre y compris. Leurs biens et leurs livres de comptes sont confisqués.

C’est la que commence une suite d’accidents et de morts brutales des têtes couronnées du trône de France, ce sera la malédiction des Templiers.

 

Lorsqu’il monte sur le bûcher, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, lance, le 19 mars 1314 : « Clément, juge inique et cruel bourreau, je t’ajourne à comparaître dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge ». Quarante jours plus tard, le pape Clément V meurt, et le 29 novembre 1314, Philippe IV le Bel meurt à son tour.

 

A sa mort le roi laisse trois fils adultes en parfaite santé. Ses trois fils se succèdent sur le trône. Quand le dernier des frères meurt, la loi Salique qui lui a permis de monter sur le trône interdit à ses filles de lui succéder. L'héritier le plus proche est le dernier petit-fils vivant de Philippe le Bel, fils d'Isabelle et ce petit fils est Edouard III le roi d'Angleterre ! Les pairs de France préfèrent donner la couronne à la branche cadette des Valois, c'est-à-dire au cousin plutôt qu'au neveu… Edouard d’Angleterre maintiendra ses prétentions à la couronne de France ce sera le début de la guerre de cent ans.

 

Les Seigneurs de Rochefort.

(le droit Régalien)

 

Droits régaliens

A l'origine, les droits régaliens (iura regalia) étaient l'ensemble des droits et biens appartenant au roi et formant la base matérielle de sa puissance. Aux XIe et XIIe S, les distinctions établies lors de la querelle des investitures et le développement des notions politico-juridiques précisèrent leur portée. En 1111, ils comprenaient les duchés, comtés et villes, les Ateliers monétaires, Douanes et Marchés, les places fortes d'Empire et les bailliages impériaux (Bailli impérial).

Dans un sens plus restreint, ils sont définit en 1122, comme des droits temporels que l'empereur donnait en fief (par remise du sceptre lors de la cérémonie d'investiture) aux dignitaires ecclésiastiques canoniquement élus. Ainsi, les évêques et les principaux abbés devenaient ses vassaux, ce qui leur permettait de prendre rang parmi les princes d'Empire (Principautés) et les détenteurs de la Seigneurie territoriale.

Par achat ou par usurpation, des princes et des villes devinrent au cours du Moyen Age les véritables propriétaires de droits et revenus régaliens qui leur avaient été d'abord seulement remis en fief (à titre précaire). Les droits comtaux, les bailliages impériaux, les régales des mines, du sel, des monnaies et des péages furent particulièrement importants pour la formation des seigneuries territoriales.

 

En 1295, Philippe le Bel donne la baronnie de Rochefort à :

- Gérard de Lunel, en échange de la moitié de la baronnie de Lunel ou se trouvait Aigues-Mortes, ce dernier l’avait hérité de son père, Giraud Amic IV, décédé l’année précédente, il n’avait pas vingt ans, il décèdera en 1298, son frère lui succèdera.

 « Présentation du père de Gérard de Lunel et Giraud Amic V,  Giraud Amic IV (1208-1263) Seigneurs de Châteauneuf et il avait par moitié la baronnie de Lunel, où se trouvait le port d’Aiguesmortes. Il avait épousé Thérèse Gaucelin d’Uzès, fille de Raimond V de Sabran, seigneur pour 1/4 d’Uzès et de Guillemette de Lunel, Giraud Amic IV décèdera en 1263. »

 

Légende de St Gérard de Lunel.

En 1295, Philippe le Bel, petit-fils de saint Louis, voulut agrandir le port d’Aigues-Mortes. Or la baronnie de Lunel s’étendait jusqu'à la mer, et touchait aux murailles d’Aigues-Mortes. Le roi de France proposa au baron de Lunel de lui céder ses possessions, offrant d’autres terres en échange. La proposition fut acceptée, et le seigneur de Lunel reçut en compensation la baronnie de Rochefort, créée à cette occasion, avec plusieurs village et châteaux en dépendant. Le contrat passé, en 1295, par l’intermédiaire du sénéchal de Beaucaire.

Le baron de Lunel, au nom de qui cet acte fut signé, était un jeune seigneur de vingt ans, nom moins remarquable par sa sainteté que par sa naissance. Il convient de le présenter aux pèlerins de Rochefort comme l’un de leurs plus illustres devanciers et de leurs plus beaux modèles. C’est saint Gérard de Lunel.

Ce dernier-né à Lunel, et héritier de la baronnie de ce nom à la mort de son oncle maternel. Rempli de l’esprit de Dieu dès sa plus tendre enfance, sans cesse appliqué à l’oraison et fidèle à l’attrait de la grâce, il croissait chaque jour en vertu aussi bien qu’en âge, il avait un frère, nommé Effrénaud, non moins pieux que lui. Ils s’aimaient tendrement l’un l’autre, et ils s’animaient réciproquement au bien et à la perfection.

Devenu baron de Rochefort, Gérard ne tarda pas à venir se fixer dans sa nouvelle demeure. Mais, loin de se laisser éblouir par les richesses et les honneurs, il parut plus que jamais détaché de la terre et fervent dans le service de dieu. La prière faisait ses délices. La vertu, et par-dessus tout la chasteté, était toute son ambition. Il mettait cette belle et délicate vertu sous la sauvegarde de l'humilité, la confiant à la plus humble et à la plus pure des vierges.

 Aussi Gérard s'estimait-il heureux de posséder sur ses terres, tout près de son habitation, un sanctuaire spécialement dédié à la divine Mère, et célèbre par les miracles qu'elle y opérait depuis des siècles. Que de fois il gravit le Mont sacré, et vint se mêler à la foule agenouillée aux pieds de Notre-Dame, faisant force prière et oraisons, si bien que les gens qui entendaient ses gémissements et dévotes lamentations, en étaient tout ravis. Se dépouillant de ses joyaux, il travaillait de ses propres mains à en décorer l'autel de Marie ; car il aimait la benoîte Vierge comme un enfantelet aime sa mère. Souvent, pour trouver la solitude dont il faisait ses délices, il s’échappait seul ou avec son frère, et s’enfuyait vers ce lieu désert, et y restait de longues heures prosterné contre le pavé.

Gérard avait été reçu, dès l’âge de six ans, dans la confrérie des Pénitents blancs, établie par saint François d’Assise lui-même, lors de son passage à Lunel an 1214. Dans leur primitive institution, les membres de cette dévote association étaient des tierçaires franciscains. Notre jeune saint avait revêtu, non seulement l’habit, mais encore le véritable esprit de Pénitents. Chaque jour, il mortifiait son corps, et, se privant lui-même, usait de ses biens pour répandre les aumônes. Il songeait même sérieusement à quitter le monde, à embrasser les plus rudes austérités, et à faire le voyage de la Terre Sainte. Il communiqua ses desseins au pieux Effrénaud, qui, loin de les désapprouver, s’engagea à suivre partout son bien aimé frère.

.Un jour donc, les deux héros chrétiens, après s’être recommandés à Notre Dame la Brune, quittèrent secrètement le château de Rochefort. Pleins de confiance en Dieu et dans sa sainte Mère, ils s’en allèrent jusqu’auprès d’un pont d’une construction remarquable. On croit que c’est le fameux pont du Gard, à trois lieues environ de Rochefort. Deux cavités profondes se trouvaient au pied même du pont. Ils y établirent leur séjour, s’y livrèrent à la prière, aux exercices de la pénitence, et ne sortirent plus que pour mendier leur pain de porte en porte ou assister aux offices de l’Eglise.

Mais voici que des pluies abondantes amenèrent une inondation extraordinaire. Les deux solitaires virent les eaux arriver jusqu’au seuil de leurs cavernes, d’où il leur fut impossible de sortir pendant plusieurs jours. Manquant de provisions, ils allaient périr de faim, mais leur confiance demeura ferme. Ils invoquèrent Marie, et furent miraculeusement secourus. De l’entrée de leurs demeures ils aperçurent deux serpents, qui nageaient sur le courant du fleuve, se dirigeant vers les grottes, et ayant chacun un pain dans la gueule. Arrivés à quelque distance, ils se séparèrent ; l’un s’approcha de Gérard, l’autre d’Effrénaud, et ils leur donnèrent ce qu’ils portaient. Les solitaires reçurent en bénissant Dieu cette nourriture miraculeuse.

Les eaux étant enfin rentrées dans leur lit ordinaire, nos jeunes saints, venus au bourg voisin, racontèrent au curé le prodige opéré en leur faveur. Ils avaient voulu rendre gloire à Dieu ; mais le bruit du miracle se répandit rapidement et fit connaître leur sainteté. On accourut en foule pour les visiter, et pour implorer le secours de leurs prières.

Gérard, rempli d’humilité et de confusion, résolut de se dérober pour toujours à ce concours de peuple, en exécutant son dessein de visiter le tombeau du Sauveur et tous les lieux saints de Palestine. Il partit donc, accompagné d’Effrénaud, s’embarqua pour l’Italie, vint à Rome prier sur la tombe des Apôtres et devant les reliques des martyrs.

Ayant satisfait sa dévotion dans la ville éternelle, il prit la route de la Terre sainte. Mais le pieux jeune homme était mûr pour le ciel. Obligé par la maladie de s’arrêter à Monté-Santo, non loin d’Ancône, il y mourut plein de mérites devant Dieu, et à peine âgé de vingt-cinq ans. A sa mort les cloches de Monté-Santo s’ébranlèrent d’elles-mêmes, et sonnèrent durant plusieurs heures.

De grands miracles se sont fait sur son tombeau, et on a élevé en son honneur une magnifique église, dans laquelle sont conservées et honorées ses précieuses reliques.

Saint Gérard de Lunel devait avoir sa place dans les annales de Notre Dame de Rochefort. C’est une des figures les plus radieuses et les plus douces qui aient paru autrefois sur la sainte montagne.

La vérité sur Gérard de Lunel sur Internet

Cette histoire commence dans une bouquinerie nîmoise en 1989. Couvert par la poussière j’y découvre, dans une caisse,  un livre sur Notre-dame de Rochefort écrit en 1910 par le Chanoine Petitalot, alors supérieur des Chapelains du Sanctuaire.

Après une première lecture j’y remarque des renseignements intéressants, mais la plume de cet écrivain me semble plus guidée par sa motivation religieuse que par une rigueur d’historien.

Par la suite je trouve d’autres récits d’historiens de renom, Dom Vaissette, Mège et un historien local que tous les rochefortais connaissent, André Laget. Quelques faits se recoupent mais...

En l’an 2000 à l’ouverture de mon site, je me borne donc à publier quatre récits différents et complémentaires, sans commentaires, et avec cet avertissement aux lecteurs :

« Les auteurs des articles sont seuls responsables de leurs écrits. »

En l’année 2002 je décide de reprendre la présentation de mes pages et de les illustrer pour rajeunir un peu l’ensemble du site. Parti à la recherche de gravures, tableaux, blasons sur internet qu’elle est ma stupeur de voir arriver sur mon écran des dizaines de pages, en plusieurs langues, qui citent St Gérard de Lunel. (Baron de Rochefort)

Je suis bien obligé de faire mon mea-culpa, Petitalot a bien décrit la vérité, Gérard de Lunel a été canonisé en 1742, il est bien le Saint patron d’une église de Monté-Santo en Italie, et il figure sur le calendrier officiel de l’église catholique parmi les saints du 24 mai.

Plusieurs sources nomment Gérard de Lunel, Seigneur de Rochefort,

- Celle du Chanoine Petitalot, « Notre Dame de Rochefort du Gard » 1910, Librairie Catholique Emmanuel Vitte

-  La vie de St Gérard de Lunel imprimée à Montpellier en 1838 écrite en grande partie d'après un manuscrit italien et les actes du Saint reconnus authentiques par les Bollandistes.

- Sanctuaire de Notre-Dame, Son histoire, son couvent" écrit par les Frères Maristes en 1861

- Un autre preuve trouvé dans un registre de mariage, son neveu, Giraud Amic VI, sera désigné comme « Seigneur de Rochefort » dans un document daté de 1347, c’est un acte de mariage de sa fille avec le  Seigneur de St Victor ( la Coste). Giraud Amic V.

Bien sur sa filiation avec la famille de Lunel ne fait aucun doute les archives parlent, dans de nombreux documents de généalogie sur les familles nobles on retrouve Gérard de Lunel. (Mormons, Vatican et généalogistes des familles nobles).

L’historien Alexandre Mège qui, en 1840, met en doute l’existence de Gérard de Lunel n’a visiblement pas eu les moyens que se sont donnés les Mormons, de plus, il n’a pas eu accès aux archives du procès en canonisation de St Gérard.

Son travail reste tout de même respectable, le temps avait couvert les faits d’un manteau de poussière et Il n’a pas connu ce tremblement de terre que subit notre planète et qui propulse tout le savoir dans toutes les directions.

Ce tremblement de terre c’est la toile Internet...  Pour preuve, ci-dessous, quelques sites qui parlent de Saint Gérard :

http://www.chez.com/giorgiomat/rochefort/GerardLunel/MonteSanto.htm 

 

- Giraud Amic V, succède à son frère Gérard de Lunel, il épouse Roseline d’Agoult Pontevès en 1300, il décèdera en 1319.

Titres : Seigneur du Thor, Coseigneur de Robion, Coseigneur de Châteauneuf, Seigneur et Baron de Rochefort.

Ce seigneur de Rochefort fut une calamité par les vexations dont il accablait les habitants de Rochefort et tous ses autres vassaux qu’il leur prenait tout jusqu’à leur lit.

En 1307, le 9 Juin, Gérard Amic V signa un acte où il était accordé dit et ordonné aux consuls, manants et habitants du dit Rochefort que si l’étang dudit lieu se mettait à sec, il serait payé par les dits consuls et habitants au dit seigneur baron, la 7eme partie des fruits provenant des terres desséchées.

- Giraud Amic VI, succède à son père, seigneur du Thor, épousera en 1341 Margueritte Adhémar de Monteil.

Pas de descendance connue pour ce couple.

Titres : Seigneur du Thor, Seigneur et Baron de Rochefort.

En 1361, le seigneur de Rochefort est Capitaine de la tour de Villeneuve, à ce titre il reçoit le roi Jean qui rend visite au Pape, alors en Avignon en 1362 et en 1363.

C’est le roi Jean qui confirmera à Géraud d’Amic VI par lettres patentes du mois de Janvier 1362, l’échange du roi Philippe le Bel, avec son aïeul, Géraud Amic V.

En 1365 Bertrand Duguesclin stationnera à Villeneuve avec une armée de 30 000 soldats.

Aux seigneurs de Amici succèdent comme propriétaires de la terre de Rochefort les :

- Raimond de Laudun, décès en 1398 - Titre : Seigneur de Montfaucon - Union avec Des Baux Catherine en 1381, il recevra la baronnie de Rochefort de son grand père paternel.

son fils

- Des BAUX Guillaume De LAUDUN, titre : Seigneur de Rochefort - Union en 1400 avec De Roquefeuil Catherine, cette dernière est la fille et héritière de la veuve de Jean Roquefeuil « la dame de Montfrin »

nous retrouvons son fils dans certains actes

Catherine de Rochefort, probablement leur fille, sera Abesse du Couvent de Saint-Sauveur-de-la-Font en 1430, établi alors à Nîmes à l’emplacement du Temple de Diane à coté de la Fontaine de Nîmes

 

- Albaron de Laudun des Baux, seigneur de Sérignan, et Montfrin. La baronnie de Rochefort et de Montfrin auront le même seigneur.

Il aura une fille

- Clémence de Laudun des Baux Albaron, dame de Montfrin, Lers et Rochefort, vivant en 1463,

laquelle épousa :

- Guillaume Allemand, Gorgias, seigneur de Mevillon, en Dauphiné.

Guillaume et Clémence auront deux enfans,

- Louis Allemand et Jacques Allemand. Louis fit un dénombrement au roi, le 10 février 1480, et nomma pour son procureur Jean de Lacroix. Il inséra dans cette pièce les lettres patentes que lui avait accordées le roi Louis XI.

Le 25 octobre 1480, Louis prêta hommage et serment de fidélité entre les mains de Monseigneur le chancelier pour les baronnies de Montfrin et de Rochefort. Les lettres patentes de Charles VIII, données a Evreux, le 22 mars 1484, firent mention de cet hommage.

« Je, Louis de Albaron, dit Allemand, chevalier, seigneur » de Lers et des baronnies de Montfrin et de Rochefort, jure sur les saints Évangiles sur lesquels je tiens mes mains, que de cette heure en avant et jusqu'au dernier jour de moire, serai loyal à notre seigneur le roi Charles el à ses successeurs rois de France, et que jamais à mon escient ne ferais en conseil aide ou en faute, par quoi il perde la vie ou aucun membre, ou prenne aucune lésion, injure, contumélie ou déshonneur, ou qu'il perde aucunes seigneuries que de présent a, ou par avant possédait, ou après possédera. El si je sais, ouis quelqu'un que veuille faire aucune de ces choses ou autres contre lui, de mon pouvoir donnerai empêchement ; et si ne puis donner empêchement, le plus tôt que pourrai je lui ferai savoir, et le mieux que pourrai lui donnerai secours et aide. Et si advient que justement, ou par cas de fortune, il perdit aucune chose qu'il a de présent ou ses successeurs rois de France auraient pour le temps à venir, à le recouvrer lui aiderai de mon pouvoir, et icelle recouvrée semblablement lui aiderai à la conserver et tenir. Et si je sais que veuille aucun injustement offendre, si j'en suis généralement ou spécialement requis, tout le meineur secours, aides et conforts que je pourrai lui donnerai. Et s'il advient que en secret aucune chose m'eût été manifestée ou dite, sans licence à aucun ne les dirai, ni aussi ne ferai, si ce n'est par lesquels lesdits secrets puissent être retenus. Et s'il me demande conseil, je lui donnerai le meilleur et le plus expédient que pourrai. Ne jamais de ma personne sciemment ne ferai chose qui soit à la sienne ou des siens injure ou contumélie. Ainsi Dieu me veuille aider et ses saints.»

Le 25 avril 1485, Louis donna procuration à M. Simonet, chevalier notaire de Roquemaure, pour remettre son dénombrement, lequel fut remis le dernier du même mois. Celte pièce trahit assez bien l'orgueil des anciens seigneurs qui voulaient toujours rehausser leur puissance en exagérant leurs titres, ou même en s'arrogeant ceux qu'ils n'avaient pas. En voici un extrait :

« Louis d’Albaron seigneur de Lers, du château, ville et forteresse de Rochefort avec ses dépendances ;

Du château et ville de Tavel, avec la moitié de la juridiction;

De la ville et château d’Estézargues et juridiction entière ;

Du château et tour de Valliguières, avec la moitié de la juridiction ;

Du château et ville de St Hilaire d’Ozilhan, et juridiction entière;

La moitié du péage de Sernhac, et la moitié du port de Remoulins;

Du château et ville de Montfrin, avec la haute et basse justice, son port avec ses droits et appartenances.

De la tour de Bassargues ;

Du château de Meynes et dépendances;

Du château de Théziers et Volpellières, avec droit de chasse et des forêts sur tous ces pays. »

Louis étant mort sans postérité, son frère hérita

- Jacques Alleman de Laudun de Baux-Albaron, seigneur de Lers, de Montfrin, de Rochefort, il  épousera Marguerite de Clermont,

(le mariage sera célébré dans la Palais des Papes d’Avignon. Marguerite était la fille de Tristan Il, fils aîné de Pons Guilhem, de son mariage avec Catherine d'Amboise, fille de Pierre Seigneur de Chaumont, chambellan des Rois Charles VIII et Louis XII.)

ils auront quatre enfans,

Clément-Georges d'Albaron, Béatrix-Louise, Catherine et Madeleine.

- Béatrix-Louise Alleman de Laudun de Baux Albaron, dame de Lers, Montfrin et Rochefort sera mariée en 1525 avec

- Bertrand d’Arpajon, vicomte de Lautrec, seigneur de Montredon

- Antoine d'Arpajon leur fils épousa le 31 janvier 1531 Marguerite de Lévi. Il construisit en 1553, le moulin à vent sur la roque du Peyron

Antoine mourut et laissa en bas âge Laurent d'Arpajon.

Le 21 février 1555, Noé Albert, écuyer, seigneur de St Alban, tuteur de Laurent, se rendit au bureau de la sénéchaussée de Beaucaire, pour rendre hommage et prêter serment de fidélité au roi, par devant M. Égrégé personne messire Gaillard de Montcamp, docteur en droit, seigneur de Tresques et juge-mage, lieutenant général en la sénéchaussée de Beaucaire, commissaire députe par le roi et monseigneur le trésorier de France.

« Noé Albert, à genoux, nu-tête, épée et ceinture ôtées, tenant les mains jointes posées dans celles du seigneur le juge-mage commissaire, jura sur la sainte Passion de Dieu, figurée, d'être bon et loyal vassal du roi, de conserver garder et améliorer ses fiefs.

Laurent, parvenu à l'âge viril, se distingua par la sagesse de ses avis dans un conseil tenu à Avignon, l’an 1561. II fut nommé par le roi gouverneur d'Orange, ou il ne se plut point; deux mois après, Dampville lui donna pour successeur St-Géran, fils du comte de Guiche. »

- Laurent d’Arpajon, il se mariera avec Françoise de Galléans

Episode des guerres de religions - Le baron des Adrets, avait échoué devant les remparts d’Avignon, mais s’était emparé de Saint Laurent des Arbres, où il avait son quartier général. D’un autre côté Jacques de Crussol, surnommé Dacier, occupait Montfrin avec une forte garnison. De ces deux centres, les Huguenots faisaient d’incessantes excursions dans toute la contrée, pillant, brûlant, ravageant les villes et les bourgs. Rochefort fut quelque temps protégé par son seigneur, Laurent d’Arpajon, qui exerçait un commandement important dans les armées catholiques du Midi, et plus tard gouverneur de la ville d’Orange. L’année 1567 fut tout spécialement désastreuse. Les villes d’Aramon, Beaucaire, Nîmes, sont prises; tous les environs sont livrés au pillage. Uzès, Bagnols, Viviers, Saze, Rochefort, Barjac, Montpellier, n’ont pas un meilleur sor; leurs églises sont rasées ou saccagées, les prêtres et autres catholiques sont massacrés. Les années suivantes, à plusieurs reprises, Rochefort fut encore ravagé. Ils furent repoussés par Henri de Montmorency; mais en 1575, les Calvinistes reprirent Rochefort, et obligèrent les habitants à contribuer à l’entretien de la garnison de Montfrin. Après tant d’assauts, l’ancienne église paroissiale et le château de Rochefort n’offraient guère que des ruines; pour en sauver les restes, les habitants invoquèrent la protection du roi et du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc,

Il sera enseveli dans l'église des Célestines d'Avignon, n’ayant pas d’enfants, par testament il lègue la baronnie de Rochefort à son cousin Germain le comte de Suze. Sa mère Margueritte Lévi hérita de la baronnie de Montfrin, elle meurt en l’an 1604, Antoine Cardalhac son neveu hérite, mais là l’histoire de Montfrin poursuit un autre chemin…

 

Impositions exceptionnelles de la communauté durant la période compris entre 1595 à 1688

M. de Suze, seigneur du lieu, ayant besoin d’argent pour le service du roi et pour lui-même, demande à la communauté d’emprunter pour lui 6000 livres ce qui est fait. L’emprunt n’étant pas suffisant, un nouvel emprunt de 1800 livres est contracté. Les fossés de l’étang ont besoin d’être réparés, la commune emprunte 8000 livres à ce destinées.

La communauté doit contribuer à l’entretien de la campagne de Cornillon, des gendarmes du Sénéchal Perrault, des compagnies du capitaine Lavisclède, du régiment du marquis de Portes. Elle doit payer 340 livres par mois, à la compagnie de Sabran. Le capitaine Lavisclède part pour le siège de Montauban : il requiert la communauté de lui fournir huit bêtes de somme pour porter ses bagages. M. Duallid et ses chevaux léger sont logés à Saint Laurent des Arbres, ils exigent 1000 livres que la communauté emprunte. La garnison de la Bastide de Goudargues a besoin d’argent : M. de Montmorency ordonne à la communauté de contribuer à la fourniture de la somme et permet d’imposer 2000 livres sur les habitants.

Les capitaines Malaval et Genêt, logés à Montfrin ont besoin d’argent, ils chevauchent vers Rochefort poursuivent à la course le bétail qui paît sur les terres le saisissent, et ne le restituent que moyennant 300 livres. La communauté veut se défendre. Elle emprunte 3000 livres aux chartreux pour pourvoir à la garde du lieu.

Les compagnies d’Entraygues et de Lédignan doivent venir loger à Rochefort. Le logement est évité moyennent 4 écus par jour ; ce qui ne les empêche pas de venir malgré leurs promesses et de faire subir aux habitants des violences et de mauvais traitement. Les soldats prennent le bétail et l’emmènent à Beaucaire. On fortifie Castillon, Saint Hippolyte de Montaigue. Rochefort doit payer 300 livres pour les pionniers de Castillon, et fournir un char attelé de 4 bœufs pour les travaux de Saint Hippolyte.

En 1623, on démolit les forts et bastions de Nîmes, ceux d’Uzès, la communauté de Rochefort est chargée d’une partie du travail que l’on fait effectuer avec le produit d’un emprunt de 1100 livres.

Un régiment de Normandie vient loger à Rochefort ; ordre est donné de fournir 51H par jour à l’état major des 6 compagnies du régiment, plus le pain nécessaire aux soldats et 4 sols par jour chacun. On emprunte 750 livres. La cavalerie de la Roque-Massebrun est dans le voisinage ; le maréchal De La Force ordonne de payer 30 livres par jour à la dite cavalerie ; 7 livres par jour aux fantassins de De-Louds ; 4 livres par jour au fort Saint André. On emprunte 4000 livres à ce destinées.

Les soldats du régiment d’Empuis sont logés à Aramon. Ils se livrent à une course de bétail et prennent 1400 bêtes ovines et 19 bovines. M. d’Empuis est bien condamné à payer le dit bétail, mais Mgr De la Beaume, évêque de Viviers, et tuteur du comte de Suze, seigneur de Rochefort, promet de faire arranger l’affaire, qui se termine au détriment des propriétaires du bétail saisi.

Le duc d’Aluyn, frère du comte de Suze, forme en vertu d’un ordre du roi, un régiment composé de 20 compagnies à pied. Le comte de Suze doit commander une compagnie et promet l’exemption du logement de guerre à la communauté, pourvut qu’elle fournisse deux mulets pour porter ses bagages.

 

- François de la Baume et Comte de Suze

Il recevra le blason de Chevalier du St Esprit le 31 décembre 1581. (ce blason figurera dans l’édition définitive)

Le siège de Montélimar en I587 - Du I6 Août au 22 Août les troupes catholiques, commandées par le Comte de Suze et  Guillaume de Balazuc profitent de l'absence de du Poët pour se faire ouvrir la porte Saint-Martin. Les 400 soldats protestants se réfugient alors dans le château en attendant les secours qui arrivent le 22. Pendant que leurs hommes pillent la ville, Suze et Balazuc se disputent le commandement.

Une attaque combinée entre les troupes réfugiées dans le château et celles de l'extérieur de la ville prend les forces catholiques en étau. Celles-ci se retrouvent bloquées devant la porte Saint-Gaucher et se font massacrer. Le carnage dure plusieurs jours. Blessé mortellement, François de la Baume prononça à sa jument, elle-même blessée, cette phrase devenue légendaire: « Allons la Grise, allons mourir à Suze ».

son fils :

- Annet de Labaume, qui devient comte de Suze en 1622.

- Louis François de Labaume, qui épousa Paule Hippolyte de Moustier Merinville, mariage sans enfants.

- Louis François de Labaume, le neveu du ci-dessus.

Le dessèchement de l’étang eut lieu pendant que cette famille possédait la terre de Rochefort.

 

Dessèchement de l’étang de Rochefort

Les travaux de dessèchement de l’étang de Rochefort tiennent, dans la vie des habitants de la communauté au XVIIe siècle, une place si considérable tant à cause des travaux même, que des procès qui s’y greffèrent, que nous croyons devoir en parler assez longuement.

L’étang de Rochefort couvrait, vers la fin du XVIe siècle, dans la partie N.E. du territoire, les terrains actuel des quartiers de Cent salmées, Merveilles, Trompe-gueux, Basse merveilles, Villecurde, la Miolonne, la Louviane, la Loyane, l’Etang.

En vertu de la donation de Raimond VI, cet étang appartenait à la communauté, qui en tirait revenu en affermant le droit de pêche dans ses eaux. En 1557, notamment le bail de la pêche des étangs était consenti par Pierre Trenquier pour une année, au prix de 29,10 livres sols avec obligation de délivrer le poisson aux habitants de Rochefort à 3 deniers la livre.

Mais si l’étang était une source de revenus, il était aussi une cause de fréquentes maladies, et l’administration consulaire décida de rechercher les moyens de dessèchement.

En 1586, un ingénieur de Salon-sur-Crau en Provence, Hugues Lepelletier, se charge de mettre l’étang à sec, à condition qu’il profitera du quart des terres découvertes. Il s’associe la même année avec M. Anestay, garde pour le roi de la monnaie à Villeneuve et M. Blachière, commis de la recette de Nîmes, pour le dessèchement des étangs de Rochefort et Pujaut, motivé sur ce « qu’il est la cause de beaucoup de maladies. »

Le 5 avril 1599, les habitants de Rochefort représentés par leurs consuls Claude Gervais, Anthoine Thoulouze conseils, Antoine Bonnier particulier auxquels ils ont donné mandats par-devant Salcon notaire du lieu, supplient le comte de Suze baron de Rochefort de les autoriser à dessécher leur étang.

Le seigneur, faisant bon accueil à cette requête donne l’autorisation demandée, dans un acte du 30 Avril 1599 passé en son château de Suze, sous la réserve de 110 salmées de terre à son profit, qui seront fixées après le dessèchement du côté de la bégude blanche, ainsi que d’une albergue de 12 livres.

Hugues Lepelletier se met donc à l’œuvre ; mais meurt peu de temps après avoir commencé les travaux qui pour cela sont suspendus en 1603.

Alors M. Claude de Montconis trésorier en la généralité de Lyon se présente pour continuer les travaux et passe, le 10 Mai 1603, avec les habitants de Rochefort le bail suivant :

 

Bail à dessécher l’étang de Rochefort (par les consuls du dit lieu à M. de Montconis)

Etienne Broche, consul de Rochefort, assisté de Jean Gounier, Pierre Michel, conseiller du dit lieu, sire Guillem Jaume et Raymond Trenquier fils à feu Louis, habitants du dit lieu, procureurs de la communauté de Rochefort (Procuration de Joel Salcon, notaire)

Concèdent le dessèchement du Lacz ou Estang, à noble Claude de Montconis, conseiller du roi, maître ordinaire de son hôtel, président et trésorier général au bureau de trésoreries générales de France, en la généralité de Lyon aux conditions suivantes :

1e Le concessionnaire s’engage à dessécher dans le délai d’un an, moyennant l’abandon à lui fait, d’un tiers (1/3) de la superficie rendue à la culture et d’un tiers du poisson qui sera pêché lors du dessèchement. Les 110 salmées de terre au seigneur comte et baron de Rochefort par transaction passée entre lui et les habitants, seront prélevées sur les deux tiers des terres servant à la communauté.

2e M. de Montconis sera tenu de faire toute la canalisation à ses frais l’entretien sera fait par la communauté pour les deux tiers et par M. de Montconis pour un tiers.

3e  M. de Montconis sera tenu de faire bâtir à ses frais, deux ponts aux endroits où cela sera nécessaire pour les communications

4e Il réservera un abreuvoir suffisant au lieu dit le Lauron (1) pour abreuver le gros et menu bétail.

5e Le pâturage sur les terres desséchées, en commun aux parties, après récoltes faite. Les dommages restant réglés à dire aux prud’hommes.

6e Le sieur de Montconis sera tenu de payer toutes les charges tailles et droits seigneuriaux, afférents à son choix.

7e Faute par M. de Montconis d’avoir fait le dessèchement dans l’année (hors de cas de force majeure : peste ou guerre) les habitants de Rochefort pourront traiter avec toutes autres personnes pour le dessèchement sans que M. de Montconis puisse prétendre à aucune indemnité pour les travaux déjà fait par lui.

8e M. de Montconis prendra à sa charge tous les frais et procès qui pourraient venir du fait des hoirs de M. Hugues Pelatier et de Jean (en blanc).

9e Les particuliers possédant des parcelles de terre, sur les bords de l’étang, qui sont actuellement submergées, reprendront leur propriété sans être obligés de payer aucune indemnité au sieur de Montconis.

10e Le sieur de Montconis aura le droit d’établir des moulins et autres artifices. et de disposer des eaux de l’étang, les habitants se réservant toutefois le droit d’assurer leurs terres.

* Fait à Pujault dans la maison de noble François de Paneran, capitaine, en sa présence et celle de André Juvenel, noble Angelin Pinette, Me Pierre Raymond, prêtre et vicaire perpétuel de Pujault François Rigaud et Simon Aubaret, particuliers de Roquemaure.

 

Claude Rives,Notaire royal de Pujault, recevant l’acte le 16 mai 1603.

 

En vertu de l’article 8 du bail, mais à l’amiable, M. de Montconis se charge de 30 000 livres dues à divers employés en travaux, et il verse une indemnité de 900 livres aux enfants Le Pelletier :

Les travaux sont poussés activement.

En 1604, le sieur Ferraton, fermier de la pêche obtient 200 livres d’indemnité par an pour le dommage que lui cause le dessèchement de l’étang.

En 1606, la communauté de Saze s’engage à payer à M. de Montconis et à la communauté de Rochefort, la somme de 900 livres pour la servitude des eaux.

En 1607, le 7 juillet, M de Montconis donne aux Chartreux de Villeneuve toutes les eaux provenant de l’écoulement des étangs.

En 1608, l’étang est à sec, à peu de chose prés. Mais les fossés ne sont pas suffisants pour l’écoulement des eaux. De plus, les travaux n’ont pas dû être soigneusement exécutés, car en 1610, les roubines s’étant comblées, l’étang est inondé et il faut procéder à de nouveaux travaux, non sans négociations entre la communauté et les ouvriers terrassiers restés impayés, d’une part et M. de Montconis d’autre part.

En 1618, de nouvelles réparations doivent être faites aux roubines et aux voûtes, à la suite desquelles les fils Charles et Jean de Montconis, continu des travaux de leur père, sont accusés d’avoir laissé subsister de graves imperfections aux ouvrages de l’étang, contracter des emprunts de 6400 livres et 8000 livres pour payer les dépenses.

Ici, interviennent les consuls et les habitants de Pujaut et les Chartreux de Villeneuve, qui s’occupent, vers la même époque, du dessèchement de l’étang de Pujaut ou l’étang de Jai, dans lequel se déversaient les eaux de Rochefort.

Dés 1612, commence un long et coûteux procès entre les consuls et les habitants de Pujaut, ensemble les chartreux d’une part, et les consuls et habitants de Rochefort d’autre part au sujet des limites entre les deux étangs au lieu appelé le Planas.

M. de Niquet, conseiller«du roi, trésorier de France ordonne le 3 Avril 1612, aux consuls de Tavel, de Pujaut et de Rochefort de se présenter devant lui et M. de Castellan, pour assister au plantement des bornes entre les trois terroirs et celui de M. de Thilloy seigneur de Montézargues. M. de Castellan s’étant porté sur les lieux contentieux, n’ayant pu les mettre d’accord, les aurait sommés de nommer les arbitres, et dans quinzaine être plantées bornes, attendu que les bergers de Tavel et ceux de Rochefort mettaient le bétail trop avant dans les terres.

Le 27 Février 1620, le parlement de Toulouse rend un arrêt qui ordonne d, nommer des experts pour vérifier les dommages que reçoit l’étang de Pujaut par l’écoulement des eaux de celui de Rochefort.

Le ler Mai de la même année, les habitants de Rochefort donnent procurai à leurs consuls pour plantement des bornes au planas.

En 1626, le 19 Novembre, les parties n’ayant pu s’entendre sur le choix des experts, MM. Flory, Gagneau de Beaucaire et Cottié sont nommés d’office, ces trois experts un rapport concluant contre les habitants de Rochefort, à payer 900 livres aux chartreux pour aggravation de servitudes sur leurs terres de l’étang de Pujaut, Four et Valergues, jusqu’au Rhône.

Vers 1635, ils obtiennent d’abord un arrêt condamnant ‘La communauté à payer 414 livres de dommages intérêts pour la vidange des eaux ; ils n’en réclament pas mois 12 écus par an, pour l’entretien des ponts et fossés du terroir de Valergues.

Les habitants de Pujaut décident, vers 1663, de construire un canal de dérivation des eaux de Rochefort au quartier du Lauron. Les habitants de Rochefort veulent s’y opposer. Les consuls de Pujaut font saisir leur bétail, et M. Duzot, viguier à Rochefort, poursuit les dits consuls pour le faire restituer. On assigne les consuls de Pujaut à comparaître devant le Sénéchal de Nîmes, le 20 Août 1663, mais le ler Septembre, le parlement de Toulouse rend un arrêt qui défend au sénéchal de Nîmes de connaître plus avant dans l’affaire du plantement des bornes, défend aux habitants de Rochefort de troubler ceux de Pujaut dans la construction du canal de dérivation des eaux de Rochefort au quartier le Lauron.

Dès lors, ce ne sont que requêtes au parlement contre l’entreprise et la continuation du dit canal :

Requête du comte de Suze, le ler Septembre 1663.

Requête des consuls de Rochefort le 6 Septembre 1664.

Requête des habitants de Rochefort le 3 Juin 1667

Les habitants de Pujaut n’en continuent pas moins leurs travaux. En 1667, une chaussée pour arrêter les eaux est élevée qui cause un grand préjudice aux terres de Rochefort.

On essaye une nouvelle fois de planter des bornes et, tandis que les chartreux prétendent en 1669 qu’il y a d’autres limites que le gravier qui sépare les deux étangs, lequel a commencé par une chaussée que les vagues avaient grossi, les consuls de Pujaut affirment que le terrain revendiqué par Rochefort était couvert par les eaux de Pujaut.

En 1711, les habitants de Rochefort, poussés à bout de patience, partent en foule, un Dimanche et comblent en partie le canal du Lauron.

Alors le parlement de Toulouse rend un nouvel arrêt (14 Février 1711) qui :

1e permet aux chartreux et aux consuls de Pujaut, de continuer leur canal du Lauron

2e défend aux consuls et habitants de Rochefort de les troubler, à peine de 4000 livres d’amende.

Finalement, on entre dans la voie amiable. Les consuls de Rochefort et de Pujaut, les chartreux, les syndics des deux étangs, acceptent comme arbitres : MM. Marc Antoine de Tache, seigneur de Devetz, Monnier, notaire à Avignon, M. de Chazel ancien procureur du roi.

En 1712, les experts déclarent qu’ils n’ont trouvé aucune limite, et font engager les parties par un acte de bornage sous signature privée, que l’on fit enregistrer « pour de bonnes raisons. »

Les consuls de Rochefort n’exécutèrent pas cet acte à la lettre car ils furent assignés par le syndic des contenanciers de l’étang de Pujaut, demandant vers 1735, l’exécution de l’acte de 1712.

Les consuls convoquèrent le conseil pour demander de consulter deux avocats et se pourvoir devant le sénéchal. Il est probable que le conseil ne fut pas favorable, et que, fatigués d’un procès qui avait duré 125 ans, les notables du lieu convinrent de mettre en acte public l’acte de plantement des bornes de 1712.

L’acte fut passé à Saint Anthelme, le 13 Avril 1737. 

 

La peste de 1629

Vers le mois de Juillet 1629, la peste fit son apparition dans le midi de la France. Rochefort ne fut pas épargné par le triste fléau. Beaucoup de personnes furent atteinte.

La localité n’ayant aucun médecin, on en cherche un ailleurs, un sieur Duret, ancien maître d’école à Rochefort, fut pris pour médecin parce qu’on n’en trouva point d’autres. Il s’engagea, le ler Août 1629, devant le juge du lieu à soigner les malades moyennant 60H par mois, les médicaments en sus.

Duret, qui n’avait de médecin que le nom, fut incapable d’enrayer le fléau. Son traitement consistait à mettre des emplâtres, et de loin, aussi 250 personnes moururent.

On osait plus sortir dans les rues. Les consuls, de leur autorité privée, introduisirent les corbeaux (propagateurs du fléau) dans le moulin à huile du sieur Cappeau, fermier de la dîme, où « ils causèrent des dégâts, perdirent des outils, et laissèrent une telle infection, que personne ne voulait venir au moulin faire son huile. »

Le mal ayant cessé au mois d’Octobre, il fut convenu que Duret soignerait les convalescents moyennant 18 livres par mois. Mais il ne soigna guère que les riches par qui il se fit payer, malgré les conventions.

La communauté refusa de payer Duret, sous prétexte qu’il n’avait pas tenu ses engagements : d’où procès qui dura de 1631 à 1635.

Duret gagna son procès devant le sénéchal de Nîmes. Les consuls furent condamnés à payer 635 livres, alors qu’au début du procès ils ne lui en devaient que 300. Les consuls refusèrent d’abord de payer, mais ils y consentirent après que Duret eut fait saisir 3 ânes appartenant au premier consul, nommé Marconnet.

Vers 1632, le mal ayant quelque peu calmé, on fit sortir les convalescents on les logea au quartier sous le Barry, et délibérant sur les aires, on décida de nettoyer le pays et de le parfumer.

Beaucoup d’habitants exécutèrent les ordres donnés, ceux qui refusèrent furent condamnés par le viguier Duzot à 25 livres d’amende.

Vers 1640, on est de nouveau menacé de la peste. Terrifiés par les ravages du fléau en 1629, les consuls demandent l’autorisation d’emprunter 600 livres à l’effet d’acheter des drogues pour le traitement des malades. Les habitants restent 9 mois sans sortir du lieu, et le fléau ayant cessé, on délibère, sur la butte du moulin à vent, de nettoyer 15 maisons infectées, et comme la peste est encore très intense à Villeneuve, on veut empêcher les habitants de ce lieu de venir à Rochefort.

 

Après la famille de Labaume Suze, la propriété de Rochefort passera aux mains des seigneurs :

Messire Antoine de Mesmes. (1640-1709)

Comte d'Avaux, Chevalier, Seigneur d'Irval et de Roissy. Prévôt et Maître des Cérémonies de l'Ordre du St Esprit de 1684 à 1703. (il a son propre blason de Maître des Cérémonies, il figurera sur la version définitive) Il est le fils de Jean Jacques de Mesmes, comte d’Arvaux, vicomte de Neuchâtel, il se rendra acquéreur du comté de Rochefort le 31 juillet 1666. Un de Mesmes est Président au parlement de Paris, le 6 mai 1668, il vend la terre de Rochefort à :

 

Un différent en 1649 entre la communauté de Rochefort et le bourgeois Claude Guérin, de Domazan, créancier de la communauté pour une somme de 1100 livres comme adjudicataire de la trituration des olives, ne veut pas être payé en fonds de terre ; il fait saisir à Trenquier et Gervais consuls et à divers autres propriétaires à Rochefort 245 bêtes à laine, 8 mules et 2 bœufs.

Encan en est fait, où les bêtes de trait se vendaient 50 livres et les bêtes à laine 40 sols. Deux vaches et un bœuf saisis à Jauffron, lieu des obligés, sont vendus à l’encan sur la place et achetés par le saisi au prix de 100 livres. Guérin fait en outre à Trenquier 36 bêtes rossatières pour le paiement de 6 charges d’huile, mais 3 encans successifs restent sans offre, et les 36 bêtes sont restituées à Trenquier.

Finalement, Guérin obtient de Pierre Leblanc juge aux conventions royales une ordonnance autorisant la saisie des biens des consuls Trenquier et Gervais, et les condamnant à la prison de l’amourier à Nîmes, jusqu’à parfait paiement et une deuxième ordonnance condamnant Trenquier à payer les six charges d’huile, sinon il sera fait saisie de ses biens et de sa personne, et conduit aux prisons de l’amourier à Nîmes jusqu’à parfait paiement.

Par délibérations, il est décidé, le 7 Mars 1649, que 18 propriétaires se chargeront d’une coupe de bois pour payer Guérin, qui promet d’attermoyer 3 ans.

 

Henry des Porcellets-du-Baye, marquis de Sernier, comte de Laudun

Le 16 mai 1683, ce dernier décède, sa fille aînée Madeleine Ursule reçoit le comté. Le 5 août de la même année elle se marie avec André Joseph de Brancas.

Anecdote : Sous ce seigneur, la banalité du four (le pain est à cuire dans le four seigneurial moyennant paiement des droits du four) fut souvent attaquée, mais néanmoins elle sera maintenue par plusieurs arrêts. Les droits atteignaient également et les pains du pays et ceux de la campagne. Le bail de l'année 1674 s'éleva à la somme de 160 livres, et la taxe du pain à un sur quarante.

 

André Joseph Brancas

marquis de Courbons, prend le titre de comte de Rochefort après son mariage. Il est institué Maire perpétuel du lieu, par ordonnance du 6 Juillet 1693. Il sera nommé gouverneur de Beaucaire en 1697, il meurt en 1709.

Anecdote : De retour d’Espagne, M. le duc de Bourgogne, frère du roi d’Espagne Philippe V, logera à Beaucaire le 2 mars 1701, dans la maison de M. de Brancas-Rochefort (comte de Rochefort), cette maison appartiendra à M. de Clausonnette en 1829 (famille des derniers seigneurs de Rochefort). L'hôtel de Clausonnette, 21 rue de la République, sera reconstruit vers 1745, c'est une très grande demeure dont la façade porte des têtes sculptées qui représente les saisons.

 

Criées et proclamations pour le Comté de Rochefort

De par haut et puissant seigneur messire André-Joseph de Brancas, des Comtes de Forcalquier, Baron de Vitrolles, Marquis de Cambon, St-Vincent, Bisette, Seigneur de Montjustin, Rochebrune, Comte de Rochefort et autres places.

Est inhibé et défendu a tous les habitans de la dicte .comté de Rochefort et autres y estans de quelle qualité qu'ils soient de jurer, ny blasphémer le très sainct nom de Dieu, sa glorieuse Mère, les saincts et sainctes de Paradis à, peyne destre mis en prizon, et y demeurer ung mois pour la première fois au pain et à l'eau et de cinquante livres damende aplicable le tiers au dmontiateur, et les autres deux tiers à la réparation de l'Eglize et au dict seigneur, et ceux quy nauront moyen paier seront chastiez en leurs personnes ; la secondé fois rais au pilory un jour solempnel pour y demeurer d'après l'heure de prime jusques à l'heure de nonnes auquel on pourra jecter des ordures, sans pierre ny autres choses quy puissent blesser, et avec ce auront la lèvre supérieure fendue à ce que les dent luy paroissent ; pour la troisième fois pilory et la langue percée ; et la quatrième couppée et ses biens confisqués.

Est enjoinct à ceulx quy ouyront les dicts blasphèmes les desnoncer à justice et en cas le tiendront secret et quaprès soyt vérifié ne lavoir desnoncé seront condampnés à lamande de cent livres, et nayant moyen payer demeureront en prison pour souffrir pénitence jusques que par les officiers du dict seigneur y soict prouveu.

Est deffendu a tous les habitans de la dicte Comté de porter aucunes armes à feu prohibées par les ordonnences du Rov, soubz les peines portées par icelles : confiscations des armes et la prison.

Aussy est deffendu aux habitans daller manger ny boire aux logis, cabarets, pendant la célébration du divin service sur les peynes contenues aux ordonnences du Roy, et aux hostes leur bailler aucuns vins apeyne de la prison, ains leur est enjoinct vacquer à prier Dieu pendant le sainct service.

Est deffendu aux habitans de faire depaistre leur bétail gros et menu aux vignes, pieds, ollivettes et autres propriétés contenus aux édictz du Roy et arrestz de la cour de parlement de Tholoze, sur les peynes y contenues, excepté syles propriétaires y consentent.

Est deffendu aux bouchers de la dite Comté vandre aucune chair sy ce nest au poix, ny vendre la brebis pour du mouton, ny la chèvre pour du menon a peyne de dix livres damande, ny aussy denfler les bestes qu'ils exposeront en vante avec la bouche, sur mesmes peynes, et encore de ne vandre la chair chaude, ains celle qu'ils vendront le matin soict tuée du soir précédent, et celle quils vandront le soir soict tuée le matin.

Est aussy deffandu aux hostes de la dicte Comté de retirer a leur logis gens vagabons et sans adveu, joueurs de cartes, detz et autres jeux de hazard, comme aussy daultrea gens ivrognes plus d'une nuict ou seroit quil y eust excuse légitime, ce quils seront tenus dénoncer à justice à peine de vingt livres damande.

De me